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Analyses biomédicales: un travail d’équipe

Des professionnels aux compétences variées interviennent dans ce processus. Démonstration en suivant le parcours d’un prélèvement sanguin

Laurie Josserand

Tout commence par une prise de sang prescrite par un médecin, réalisée selon des règles d’hygiène et de désinfection rigoureuses, par une assistante en santé et soins communautaires (ASSC) titulaire d’un CFC ou par un infirmier HES. Soigneusement étiquetés, les tubes de prélèvement sont acheminés soit par coursier, soit par des lignes pneumatiques vers le Centre d’accueil des prélèvements (CAP) des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), où 65% des demandes sont prises en charge. Les tests peuvent porter sur plus de 500 paramètres (détermination d’un groupe sanguin, d’un taux de sucre, du dosage de médicaments, etc.). Au CAP, c’est une assistante en pharmacie qui réceptionne les échantillons. «Le matériel biologique et la demande sont soigneusement contrôlés, précise Julie Etienne, collaboratrice au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). Les demandes d’analyses cochées sur la feuille de laboratoire sont enregistrées dans un programme, puis scannées pour être visibles informatiquement. Nous plaçons ensuite les tubes dans un automate qui les «dispatche» selon le laboratoire destinataire.»

Rendre visible l’invisible

Intervient alors le technicien en analyses biomédicales ES (TAB). Les machines ont désormais une place prépondérante dans son travail, en permettant d’améliorer la productivité puisque l’on peut désormais réaliser, par exemple, une formule sanguine en quelques minutes. Autoclaves, centrifugeuses, microscopes, spectromètres de masse n’ont pas de secrets pour eux. De surcroît, de nombreuses techniques imposent au quotidien l’utilisation d’instruments manuels: pipettes et éprouvettes restent donc incontournables dans la réalisation des analyses sanguines. «Supervisé par un biologiste spécialisé en médecine de laboratoire, le TAB est un acteur clé dans l’interprétation des résultats fournis, explique Pascale Cerdan Bruyère, biologiste responsable et enseignante à l’Ecole supérieure formant les techniciens en analyses biomédicales, à Genève. En suivant des règles établies par le responsable du laboratoire, à partir d’exigences normatives, il traduit ses observations en résultats concrets. C’est en cela qu’un TAB concourt au diagnostic.»

Spécialiste de l’ombre

Olivier Preynat-Seauve, biologiste aux HUG, enseignant à l’Université de Genève à la Faculté de médecine et à l’Ecole de pharmacie, décrit la suite du parcours: «Selon les cas, les données sont validées par un biologiste qui vérifie la cohérence des résultats et les interprète. Il reste le garant de la justesse d’une analyse et le trait d’union incontournable entre le TAB et le prescripteur. Par exemple, dans le cas d’une anomalie concernant un groupe sanguin sur une patiente enceinte, le biologiste informe le clinicien de ses observations, le conseille sur les modalités de suivi de la patiente: contrôle mensuel, carte de groupe sanguin à conserver sur elle, etc.» Le biologiste est donc un spécialiste de l’ombre, celui qui ne voit pas le patient, mais qui contribue à sa bonne prise en charge. Enfin, le médecin communique les résultats en direct à son patient et prescrit le traitement approprié, lequel sera administré par l’infirmière. La boucle est ainsi bouclée.

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