Cybermag / A la une / CAP Formations aide les jeunes en rupture à reprendre le chemin de la qualification

CAP Formations aide les jeunes en rupture à reprendre le chemin de la qualification

Le canton de Genève a développé cette prestation originale en vigueur depuis une année

Par Joëlle Rebetez

Remettre les jeunes de 15-25 ans en rupture de formation sur le chemin de la qualification professionnelle. C’est l’objectif, aussi ambitieux qu’essentiel, que vise CAP Formations, un dispositif d’envergure cantonale en activité depuis une année.
L’originalité de cette prestation? L’Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC) et l’Office cantonal de l’emploi (OCE) ont uni leurs savoir-faire pour répondre au cadre donné par les articles 24 et 194 de la nouvelle Constitution genevoise, qui garantit le droit à une formation initiale, et pour assurer à 95% des jeunes adultes un diplôme du secondaire II d’ici à 2015 (priorité approuvée par la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique). Depuis septembre 2013, 1624 jeunes se sont inscrits dans le dispositif (dont 346 durant l’été). Et la demande ne cesse d’augmenter.

Vaste palette de mesures

La situation des jeunes qui s’adressent à CAP Formations s’avère souvent complexe (cumul de problématiques scolaires, familiales, de santé, etc.). Mais la majorité (67%) est en rupture récente de formation. CAP Formations propose une
vaste palette de mesures pré-qualifiantes. Elle s’appuie sur des partenaires ayant déjà fait leurs preuves en matière d’insertion et de formation des jeunes: programmes de retour à la formation, semestres de motivation, orientation scolaire et
professionnelle, etc. «Jusqu’à l’année dernière, il y avait peu de perméabilité entre les mesures déployées par l’OCE et par l’OFPC, constate Magali Ginet Babel, directrice du dispositif. Chaque office faisait une analyse de la situation du jeune selon ses critères propres, laquelle aboutissait parfois à des diagnostics différents. Désormais, on envisage davantage de synergies entre les partenaires institutionnels. C’est un gain d’efficacité et, au final, c’est plus de cohérence dans l’accompagnement des jeunes.»

Un suivi coordonné

Dans un premier temps, le «référent de CAP Formations» établit un diagnostic des besoins du candidat en analysant son parcours et son niveau scolaire. Ensuite, il détermine avec le jeune les mesures à mettre en place et les objectifs à
atteindre. «Un jeune peut exprimer son envie de se former mais manquer d’outils pour y arriver, explique Magali Ginet Babel. Il s’agit alors d’identifier sa motivation intrinsèque, puis de l’aider à prendre conscience de ses besoins, en fixant des étapes réalistes et en valorisant tous les progrès effectués.» Dernière étape avant l’entrée en formation: cours d’appui, stages en entreprise, aide à la réalisation d’un dossier de candidature, simulation d’entretien d’embauche, etc. A la rentrée de 2014, 47% des jeunes ont terminé ou intégré une formation, 21% sont en cours de préparation à l’entrée en formation et les autres travaillent, suivent un atelier ou un stage en entreprise, sont pris en charge par une institution spécialisée (de type HUG ou AI) ou encore, ont quitté la Suisse. Seuls 4,1% des jeunes ont interrompu leur suivi sans trouver de solutions.

Motiver et responsabiliser

Pour soutenir l’auto-responsabilisation des jeunes et améliorer la performance des mesures, CAP Formations se base sur les principes du case management: «On essaie de renouveler le service public en renversant la logique: on ne pense plus en fonction des dispositifs administratifs existants, mais en fonction des besoins réels du jeune, note Grégoire Evéquoz, directeur général de l’OFPC. Autre point fort: les candidats ne transitent plus forcément par le chômage, étape risquée à ce stade de leur parcours.» Quant à la dimension volontaire, elle se loge au coeur du système: «Même s’ils n’ont pas toujours un projet clair, nous accompagnons tous les jeunes qui ont envie de se remettre sur les rails et qui nous le témoignent, ajoute Caroll Singarella, directrice du Service des mesures pour l’emploi à l’OCE. Il n’est jamais trop tard pour réagir et s’inscrire dans une dynamique de formation, afin d’éviter à tout prix de tomber dans l’assistanat et la précarisation à long terme.»

CAP Formations aide les jeunes en rupture à reprendre le chemin de la qualification