Cybermag / A la une / Fleuriste, une profession polyvalente à la pointe des tendances

Fleuriste, une profession polyvalente à la pointe des tendances

L’École pour fleuristes de Lullier fête ses 25 ans: focus sur un métier qui rime avec créativité

Laurie Josserand

L'art floral européen est prisé et novateur, s’enorgueillit Serge Marzetta, fleuriste titulaire d’un brevet fédéral depuis vingt-trois ans et patron de la boutique des Augustins, place des Philosophes à Genève. Les Suisses sont d’ailleurs les plus grands acheteurs de fleurs d’Europe. Naissance, mariage, deuil: nous accompagnons toutes les étapes de la vie, mais pas seulement. Nous revisitons également la décoration des intérieurs des maisons, cliniques, études: il faut donc être
à l’avant-garde de la mode, s’intéresser aux dernières tendances en matière d’architecture, de design, etc.»

Art, design et végétal

Si, dans l’imaginaire commun, un fleuriste est un vendeur de roses ou de tulipes, dans la pratique, c’est beaucoup plus complexe. Exigeant, ce métier demande une bonne dose de créativité, une excellente condition physique, une grande adaptabilité et beaucoup de respect pour la nature, condition sine qua non pour entreprendre une formation dans le domaine floral. «C’est d’abord par attrait pour la beauté du végétal que j’ai entrepris la formation de fleuriste au Centre horticole de Lullier (GE), note Laura Kohli, diplômée en 2007. Trouver les bonnes associations de fleurs, de couleurs, redécouvrir les variétés au fil des saisons: chaque journée est différente et apporte son lot de rencontres. Embrasser la profession de fleuriste, c’est également entrer dans l’intimité des gens: il faut savoir composer avec leurs émotions. D’un client à un autre, on passe de la joie de la naissance à la tristesse de la perte d’un être cher. Ce qui demande empathie et maturité.»
Camille Ryser, apprentie en deuxième année du CFC de fleuriste, complète: «Il faut aussi s’habituer aux contraintes physiques de ce métier: rester debout toute la journée, porter des charges lourdes au moment des arrivages des commandes et aussi apprendre à gérer les pics d’activité comme la Fête des mères, Noël, etc. Tout cela s’apprend, petit à petit.»

Formation éclectique

Il y a vingt-cinq ans ouvrait à Genève l’École pour fleuristes de Lullier. «Comme cette profession’est pas protégée, les professionnels de la branche se sont fédérés pour mettre sur pied une formation pratique et théorique, ponctuée
de stages en entreprise. D’abord d’une durée de quatre ans et validée par un diplôme^cantonal, la formation a pris une dimension nationale dès 2008, avec l’instauration du certificat fédéral de capacité (CFC) en trois ans, précise Aissa Douari, doyen des fleuristes au Centre de formation professionnelle Nature et environnement de Lullier (CFPne). En un quart de siècle d’existence, 277 jeunes se sont vu recevoir une certification professionnelle.» À la croisée des domaines de la communication, de la décoration et de l’environnement, la formation est orientée par ailleurs vers l’artistique et l’esthétique. Pour Eric Godel, maître adjoint de l’école, «le CFC apporte les bases techniques. Mais, tout au long de sa vie professionnelle, le fleuriste doit se tenir au fait des dernières tendances, travailler d’autres matériaux en association avec les fleurs et procurer de l’émotion à ses clients.» Créer des murs végétaux, contribuer à la décoration d’un domaine en vue d’un mariage requiert non seulement du goût, mais de s’adapter aux demandes et au budget des mandants. Le fleuriste est amené à travailler avec des partenaires comme des architectes d’intérieur, des photographes, des paysagistes. «Durant la formation, nous les préparons à ces différents modes de collaboration, poursuit l’enseignant. Les festivités des 25 ans de l’école, le 23 septembre (lire l’encadré), en sont la preuve: les fleuristes en herbe ont collaboré avec le CFP Arts pour l’affiche de la manifestation, une expo photos est proposée aux visiteurs et une vente de produits du terroir local est organisée par les apprentis.» À la question de savoir quels projets consolider pour le quart de siècle prochain, Jean Lebedeff, directeur du CFPne, répond sans ambages: «Outre la préparation au brevet fédéral de fleuriste, proposer des perspectives d’évolution aux apprentis comme une poursuite de formation en maturité professionnelle artistique afin d’intégrer une HES en filière design ou communication.»

Fleuriste, une profession polyvalente à la pointe des tendances