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La tradition artisanale se transmet aussi dans les Centres de formation

A Genève, quatre d’entre eux ouvriront leurs portes au public lors des Journées européennes des métiers d’art, du 20 au 22 avril

Iris Mizrahi

Que deviendrait le geste artisanal s’il n’était transmis par le biais d’une formation rigoureuse? L’une des missions essentielles des Centres de formation professionnelle (CFP) consiste à perpétuer le savoir-faire manuel, socle fondateur de nombreux métiers, afin que les futurs professionnels conjuguent techniques ancestrales et nouvelles technologies.

Graine d’artisan

A l’occasion des prochaines Journées européennes des métiers d’art (JEMA), quatre CFP genevois (arts, construction, nature et environnement et technique; lire aussi l’encadré) et la Haute École d’art et de design (HEAD) présenteront au public des formations liées à la belle facture du fait-main qui, en plus de préparer une relève qualifiée, contribuent à protéger le patrimoine et le tissu économique local. «Les JEMA permettent d’ouvrir nos métiers aux non-initiés, d’amener des jeunes à découvrir notre travail, sa complexité, et à susciter des vocations», se réjouit Éric Godel, responsable de la formation de fleuriste au CFP Nature et environnement. En collaboration avec l’entreprise formatrice Fleuriot, les apprentis fleuristes proposeront deux démonstrations au public en livrant leurs réflexions autour d’une création florale, de l’esquisse sur papier à la réalisation en volume. «Nos élèves suivent une formation CFC en trois ans qui nécessite des compétences en communication et une aptitude à proposer des concepts floraux sur mesure, proche du design et de la décoration d’intérieur. C’est un métier où sens artistique et commercial sont étroitement liés.» La construction métallique et l’ébénisterie seront, quant à eux, à l’honneur du CFP Construction. «Nous allons dévoiler les aspects artistiques de ces métiers avec des stands dédiés à la marqueterie, au tournage ou encore à la forge et au poinçonnage, intervient Marc Lehmann, doyen des métiers du bois. Nos apprentis apprennent toujours à fabriquer des tiroirs à queue d’aigle traditionnels ou des pieds de chaise de style Louis XV afin de pouvoir les réaliser s’ils doivent être un jour confrontés à une telle demande. L’école doit s’offrir ce luxe, pour que ces gestes ne se perdent pas!»

Terreau de transmission

Incontournable métier d’art du terreau local genevois, celui d’horloger dévoilera ses complications à l’Ecole d’horlogerie du CFP Technique. «Nous tenons à préserver certains gestes de tradition, ainsi que les liens historiques qui ont contribué à construire l’économie genevoise», assure Pierre Amstutz, le directeur de l’établissement. Le responsable se dit confiant en l’avenir de son domaine d’activité: «La Haute horlogerie est génératrice d’émotions. Elle occupe à ce titre une place privilégiée dans les métiers d’art, comme le confirment les chiffres présentés lors des différents salons horlogers.» Dernier mais non des moindres, le CFP Arts déploiera les talents de ses élèves dans les domaines de la bijouterie, de la céramique et de l’illustration. «Bien qu’étant garants d’un savoir-faire traditionnel, les bijoutiers s’adaptent à merveille aux évolutions technologiques en incorporant une part de modélisation et d’impression 3D au sein de leur formation, explique Frédéric Ottesen, directeur du centre de formation genevois. Quant aux céramistes, ils s’inspirent de techniques ancestrales pour créer de magnifiques oeuvres contemporaines.» Enfin, la nouvelle Ecole supérieure de bande dessinée et d’illustration proposera aux passionnés du neuvième art un atelier de création de BD, animé par ses étudiants.

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