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Reconnaissance des diplômes obtenus à l'étranger: comment ça marche?

Les titres sont reconnus au cas par cas, selon des critères nombreux mais précis.

Par Martine Andrey

Chaque année, plus de 12 000 demandes de reconnaissance de diplômes étrangers sont traitées en Suisse. Objectif: rendre sa certification «lisible» afin de renseigner les employeurs potentiels sur son niveau de formation par rapport ausystème helvétique. La relative complexité et les coûts de la procédure exigent cependant du demandeur une réflexion sur sa réelle utilité. Autrement dit, est-il absolument nécessaire de faire reconnaître son diplôme pour pouvoir travailler en Suisse? Oui et non: une reconnaissance est obligatoire pour exercer une profession réglementée, c'est-à-dire un métier dont la pratique requiert des qualifications professionnelles attestées par un titre reconnu. Dans le cas d'une profession non réglementée, un simple permis de travail suffit. Toutefois, lorsqu'un diplôme est délivré par un Etat dont le système de formation est sensiblement différent du nôtre, une attestation situant le titre étranger à un niveau équivalent en Suisse est généralement appréciée des employeurs.Par ailleurs, sept métiers (dans les domaines de la santé et de l'architecture) bénéficient d'une reconnaissance automatique dans notre pays,leurs exigences de formation ayant été harmonisées avec celles des Etats partenaires. Seule exigence: ces professionnels doivent obtenir une autorisation de pratique.

Mesures compensatoires

Les titres étrangers sont reconnus au cas par cas. En principe, une comparaison de la formation et de l'expérience est établie avec ce qui prévaut en Suisse. Si les différences de durée ou de contenu sont conséquentes, des mesures de compensation seront demandées: stage d'adaptation, épreuve d'aptitude ou formation complémentaire. Par exemple, pour que son diplôme soit reconnu comme équivalent à un Bachelor HES, la titulaire d'une licence universitaire en travail social portugaise devra obtenir un niveau B2 de français et acquérir les connaissances spécifiques du domaine social suisse par un stage de plusieurs mois ou une formation autofinancée. La décision d'équivalence ne l'autorisera toutefois pas à se prévaloir du titre suisse, protégé. Elle pourra utiliser en revanche la dénomination professionnelle (éducatrice sociale) en vigueur sous nos latitudes.Autre bémol: si les mesures compensatoires exigent de suivre une partie trop importante du cursus suisse, elles ne seront pas proposées et l'équivalence ne pourra être obtenue.

Indispensable ou utile?

Lorsqu'un secteur professionnel est porteur et manque de main-d'oeuvre, il est souvent inutile de faire reconnaître son diplôme. Il sera cependant plus facile à un ingénieur en ingénierie électrique colombien d'accéder à un emploi si son titre universitaire est reconnu comme Bachelor EPF en génie électrique et s'il suit des cours sur les normes électriques suisses. Rappelons également que la recommandation d'équivalence des titres universitaires ne vaut que pour les Bachelor, Master et Doctorat et n'est juridiquement pas contraignante. En l'absence d'une réglementation, d'autres diplômes n'obtiendront pas de reconnaissance. On peut citer notamment ceux des médecins originaires d'Etats non-membres de l'Union européenne, astreints à des examens pour obtenir leur diplôme fédéral. Quant aux titulaires d'un baccalauréat, ils devront s'adresser directement aux hautes écoles concernées, seules compétentes pour fixer les conditions d'admissions à leurs filières.

Optimiser ses chances

Un diplôme ne peut être reconnu que s'il est délivré par une instance officielle et qu'il couronne une formation achevée, de durée, de contenu et de niveau identiques à un cursus suisse. Un titre d'école privée ne sera donc pas pris en compte, sauf s'il bénéficie déjà d'une reconnaissance officielle dans son pays d'origine. Enfin, d'autres éléments doivent aussi être considérés lorsqu'on souhaite trouver un travail en Suisse: apprendre la langue de sa région d'accueil, se constituer un réseau professionnel et se familiariser avec la culture des entreprises locales constituent des facteurs-clés permettant d'optimiser ses chances. La reconnaissance de son diplôme vient compléter ces démarches, tout en prémunissant le deman-deur contre un risque de déqualification.
Plus d'Infos sur le site du Secrétariat d'Etat à la formation, à la recherche et à l'innovation (SEFRI):www.sbfi.admin.ch /diploma

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