Pour les jeunes à risque de rupture ou ayant déjà connu l’échec, la certification par la formation professionnelle est l’objectif ultime de la Gestion du suivi individualisé (GSI). Application genevoise du concept de Case Management introduit en 2006 par la Confédération, la GSI (unité rattachée au service de la formation professionnelle de l’OFPC) agit très concrètement dans le processus d’aide à l’insertion.
«Accessible via la Cité des métiers et de la formation, ce dispositif s’adresse à tous les jeunes de 15 à 25 ans sans diplôme du degré secondaire II, qui accumulent un certain nombre de difficultés mettant en péril leur parcours de formation, explique Magali Ginet, responsable de la GSI. Ces personnes, qui manquent de ressources et d’autonomie, ont besoin d’un encadrement régulier, structuré et durable. Nous supervisons tous les paramètres liés à cette sphère: soutien scolaire, compréhension des codes de conduite et du langage du monde professionnel, recherche d’une place d’apprentissage ou maintien dans la place de formation».
Depuis septembre 2009, près de 1000 jeunes ont déjà bénéficié de la GSI; les deux tiers d’entre eux ont intégré une formation, y ont été maintenus ou l’ont terminée avec succès. D’autres sont encore suivis, ont trouvé un emploi ou ont quitté le dispositif.
Un engagement commun
Travaillant en collaboration avec différentes institutions et associations concernées par les jeunes en difficulté telles que l’Hospice général, le Service de protection des mineurs, les différentes structures des HUG et les dispositifs mis en place dans les communes, les conseillers de la GSI se profilent en véritables coaches, «à condition que le jeune exprime sa volonté d’être suivi et qu’il soit respectueux de son engagement, ponctuel et proactif dans l’atteinte des objectifs conjointement fixés avec son accompagnateur», insiste Magali Ginet. Un contrat d’engagement mutuel, signé par le demandeur et la GSI, spécifie ce qui est attendu de l’un et de l’autre jusqu’à ce que le jeune soit stabilisé dans sa formation.
«Un référentiel de compétences clé permettant de valider cette assise dans le monde professionnel a été mis en place», précise la responsable. Adapté à la situation personnelle du bénéficiaire, l’accompagnement individuel est facultatif et peut prendre fin à tout moment, à sa demande.
Confiance et persévérance
Avec plus de vingt ans d’expérience en tant qu’éducatrice, Sylviane Duret-Aubert, conseillère en formation GSI, s’attelle à créer un climat de confiance entre elle et son consultant. «Quand un jeune arrive chez nous, on se rend compte qu’il a déjà vu beaucoup de monde. Il est donc plutôt méfiant. On est là pour écouter ce qu’il dit de lui-même, discerner ce dont il a fondamentalement envie et besoin car, selon les situations, on devient parfois la seule personne de référence et de soutien pour construire son projet».
Les contacts hebdomadaires permettent de faire connaissance, d’établir un bilan, de définir à qui s’adresser, de cerner le projet professionnel et de le confronter à sa viabilité en instaurant, si besoin, des cours d’appui. De fréquents contacts se nouent également avec les différents partenaires du réseau socioprofessionnel. «C’est un travail de longue haleine. Il faut que le jeune se sente habité par son projet et qu’il comprenne le sens de la démarche dans son parcours de vie. Cela peut parfois prendre des mois», observe la conseillère. Au fil des entretiens, des objectifs simples se dessinent, des envies émergent et des compétences se précisent.
Sylviane Duret-Aubert est convaincue que le binôme formé par le jeune et son conseiller contribue à sceller l’engagement mutuel: «Le conseiller doit s’investir dans le projet du jeune pour que ce dernier puisse lui-même y croire. Il n’existe pas de voie toute tracée. Le chemin se construit ensemble.»
Pour en savoir plus
www.citedesmetiers.ch/geneve , rubrique «Apprentissage».