Métier «pointu»
Après avoir tâté du collège, Marc Valeri a éprouvé le besoin d’un «changement d’air» et décidé de se lancer dans la formation professionnelle. Après s’être informé par Internet, c’est dans la branche sanitaire, secteur d’activité de son père et qui lui paraît porteur d’avenir, qu’il s’engage pour préparer un CFC de projeteur. Par des démarches personnelles, il décroche une place d’apprentissage chez Schneider SA, une entreprise de la place, active depuis 134 ans et qui occupe une centaine de personnes et forme 7 apprentis. Aujourd’hui en troisième année, Marc Valeri est satisfait de son choix. «J’ai trouvé mon intérêt dans ce métier. Même si j’imaginais une certaine complexité, c’est plus pointu que ce que j’attendais. On intervient dans toutes les phases du bâtiment, et on est en relation, parfois en conflit, avec des dizaines de corps de métier différents.» Le travail du projeteur, c’est 90% de dessin en DAO (dessin assisté par ordinateur), mais aussi de la gestion de dossiers, du calcul de prix et l’établissement de devis. La formation comprend également la pratique du chantier (trois mois par an) avec les monteurs, histoire de voir comment ça se passe sur le terrain. Les cours théoriques ont lieu au Centre d’enseignement professionnel de Morges (VD), où est réuni tout l’effectif des apprentis de Suisse romande. La première année regroupe en tronc commun les «sanitaires» et les autres projeteurs, en chauffage et en ventilation. Marc Valeri voit approcher la fin de son apprentissage sans souci particulier. Et s’il n’a pas de plan bien établi pour la suite (exception faite de ses obligations militaires). Il ne pense pas en rester là plus tard et évoque déjà la voie du brevet fédéral.
Profession variée
«J’ai toujours voulu faire de la construction.» Au terme de sa scolarité obligatoire, Damien Jakob connaît le secteur professionnel qui l’attire, mais hésite entre architecture et ingénierie. Un stage effectué chez des relations de ses parents lui permet de faire son choix. Ce sera l’ingénierie, en passant par la voie professionnelle plutôt que par celle des études académiques. «Je n’avais pas envie de faire le collège et, en préparant une maturité professionnelle, je pourrais ensuite rejoindre la classe passerelle pour entrer à l’EPFL.» Mais avant de se lancer sur l’itinéraire qu’il s’est tracé, il lui faut trouver une place d’apprentissage. «J’ai fait 30 offres spontanées et j’ai obtenu 10 réponses. Une seule était positive: je l’ai acceptée tout de suite!» Après une première année que Damien Jakob a jugée difficile en raison du changement par rapport à l’école, il a trouvé son rythme. Son choix de la maturité professionnelle l’a amené à passer deux jours par semaine au Centre de formation professionnelle construction pendant ses deux premières années d’apprentissage. Sans regret. «Au début, je m’attendais à faire plus de maths, mais j’ai fait surtout du dessin. C’est maintenant que les mathématiques deviennent plus difficiles.» Mais Damien Jakob apprécie aussi la variété du métier, par exemple quand il a l’occasion d’aller sur un chantier effectuer des relevés à mettre sur plans ensuite. Il relève aussi l’avantage de travailler dans un bureau pas trop grand, où il a un contact direct avec l’ingénieur, alors que dans les grands bureaux, ce sont d’autres dessinateurs qui sont maîtres d’apprentissage. C’est d’ailleurs un de ses motifs de satisfaction que «d’entendre les compliments de l’ingénieur quand les plans sont réussis du premier coup.»