Après quelques années de travail temporaire et de stages divers, Rémi Göring entre en apprentissage dans le même état d’esprit: sans avoir l’air d’y toucher. Mais il se laisse prendre par un sujet qui, au fur et à mesure, l’entraîne et le motive. Il se sent à l'aise dans cet univers de chantier, de mécanique et de bruit de masses. «A plus de 23 ans, l’inscription en apprentissage a produit chez moi un déclic. Je me suis senti investi d’une tâche qui me correspondait: un travail physique, avec cette particularité d’être utile au respect de l’environnement, au développement durable de notre planète. Je me suis laissé convaincre», explique le jeune professionnel.
Pour lui, le rythme est bon: quatre jours en entreprise et une journée de cours à Fribourg. «Le déplacement m’aérait l’esprit et les cours me passionnaient. Mes camarades de classe - peu nombreux - arrivaient de toute la Suisse Romande, ce qui facilitait le contact entre nous et avec les enseignants», se souvient-il. Les visites d’entreprises à travers la Suisse étaient aussi pratique courante. «Histoire de voir ce qui se passe ailleurs, car c’est un fait que le recyclage à une longueur d’avance en Suisse allemande. Le même apprentissage, qui n’entraîne pas encore les foules en Suisse romande, est très réputé outre-Sarine», explique Rémi Göring. En juin 2007, il a été le seul Genevois à obtenir son CFC de recycleur…
Des filières à imaginer
Rémi Göring voit l’intérêt de la formation et du métier de recycleur dans ses perspectives d’évolution. De nombreuses filières de recyclage sont encore à imaginer. «C’est motivant d’être pionnier dans un domaine. Cette évolution se conçoit d’abord en entreprise où, dès le départ, la responsabilité est de mise, doublée d’un salaire attractif. On nous pousse à entreprendre, tout en respectant le statut d’apprenant. Le développement professionnel se sent aussi de manière générale, dans les nombreux domaines et formations utiles au métier. Par exemple, il y a encore à faire en matière de sécurité, de toxicité…»
Sa famille et ses amis ont d’abord été étonnés de son orientation professionnelle. «Mais l’étonnement cède vite la place aux encouragements et aux félicitations, quand on prend le temps et la manière d’expliquer les tenants et aboutissants du métier… Ce qui n’est pas évident à faire. A la dernière Cité des Métiers et des Formations, en 2006, j’étais à Palexpo et ça n’a pas été si facile de faire l’exercice avec les jeunes visiteurs.»