C’est sans ambages que Nicole Banu s’exprime: «Je passe mon CFC de bouchère-charcutière en juin 2012. Ce sera le premier véritable échelon de ma vie professionnelle.» La jeune femme, née il y a 23 ans en Roumanie, est arrivée en Suisse à l’âge de 12 ans. Installée dans le canton de Vaud, elle doit quitter l'école vaudoise prématurément pour des raisons administratives. Par nécessité, elle enchaîne pendant plusieurs années les petits boulots, sans diplôme. Motivée et bien décidée à se former, Nicole Banu finit par décrocher un apprentissage à Carouge, chez Maître Bronnimann. Dès sa première année d’apprentissage, elle met la main à la… viande: du désossage de la volaille au découpage des cuisses de bœuf, elle découvre la préparation de la matière première. En deuxième année, elle commence à transformer les produits carnés à l’aide des machines professionnelles usuelles (couteaux, hachoirs, rotatives, etc.), pour fabriquer notamment des charcuteries. Et au terme de sa formation, elle passe d’une tâche à l’autre avec aisance «et avec plaisir, parce que je n'aime qu'un travail soit répétitif».
Aussi pour les filles
«J’aime cette profession et j'en retire le meilleur. D'ailleurs, je pense qu'il n'est même pas envisageable de pratiquer un tel métier si on ne l’apprécie pas», assure Nicole Banu. Si l'activité quotidienne des bouchers-charcutiers exige une grande habileté manuelle et une certaine résistance physique, la future professionnelle démontre par l'exemple que la profession est tout à fait accessible aux filles. «Il n'y a aucune contre-indication, s'amuse-t-elle. Surtout lorsqu'on maîtrise les gestes techniques qui permettent d'alléger la tâche.» Ayant connu très jeune le monde du travail, l'apprentie est très fière à la perspective d'obtenir son CFC: «Ce diplôme ne sera pas une fin en soit mais un premier moyen de jalonner et de gérer ma vie d’adulte responsable, par des étapes distinctes, structurantes et surtout gratifiantes.»
Besoin de main-d'oeuvre
Nicole Banu trace avec vigueur le profil de sa profession, dont elle a pu découvrir les nombreuses et riches facettes «grâce à un excellent encadrement», à raison de quatre jours par semaine de formation pratique en entreprise et un jour de cours théoriques dispensé à Montreux. Celle qui affirme qu'elle aimerait motiver les jeunes à apprendre ce métier et à rester ensuite dans une branche «qui a bien besoin de personnel», ne cache pas son but: créer sa propre entreprise. «J'aime la commercialisation et la vente. Et le contact avec la clientèle m'intéresse tellement que j’y verrais bien mon avenir professionnel. Il ne faut pas sauter les étapes: je dois encore acquérir de l’expérience et approfondir mes connaissances commerciales. Mais ma formation professionnelle et mon parcours de vie m'ont donné suffisamment de confiance et de courage pour y arriver.»