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A Genève, les entreprises formatrices ont reçu leur prix annuel

Le Prix de l’entreprise formatrice récompense notamment la force de l’engagement et la qualité de l’encadrement

Eliane Schneider

Genève dénombre quelque 4200 entreprises formatrices. Huit d’entre elles (une par pôle de formation et une grande entreprise) ont récemment été distinguées par le Département de l’instruction publique, de la culture et du sport (DIP), l’Association Cité des métiers et les associations patronales et syndicales. «Cette manifestation d’envergure récompense des sociétés, grandes et petites, en reconnaissance de leur engagement pour la formation professionnelle duale, qui reste l’un des fers de lance de l’économie genevoise et suisse», rappelle Nicolas Aune, président de l’Association Cité des métiers. Sans l’implication de Chris Murner (pôle arts), la formation du cuir et du textile aurait disparu à Genève, relayant ce pan d’artisanat d’art au passé: «Je me suis engagée à ouvrir un atelier où je dispense tant la partie pratique que théorique de maroquinier CFC. Les jeunes que j’engage forment un bel esprit, une dynamique les propulsant dans de véritables niches professionnelles d’avenir comme la sellerie et le garnissage de moto.» Dans un autre contexte, le groupe Harmony Fitness (pôle santé-social) s’est distingué dans la mise en place du nouveau métier d’assistant en promotion de l’activité physique et de la santé (APAPS). «Nous avons été partenaires dès son lancement en 2013, car les coaches sportifs dotés d’une telle formation rendent l’atmosphère du fitness de La Praille dynamique, professionnelle, en lien avec le lifestyle actuel», raconte Véronique Luppi, responsable de formation.

Du sens et de l’intérêt

«C’est toujours motivant, et touchant, de répondre à une demande de jeunes formidables, pour qui le travail manuel a du sens, que l’on sent responsables et fiers des bonnes techniques acquises», s’exclame de son côté Christian Schnegg, de Baussant Paysages SA (pôle nature et environnement), actif depuis plus de vingt ans dans la formation professionnelle. «Le stage permet de déceler les jeunes motivés, qui savent utiliser leurs mains et leur tête. Ils sont intégrés dans les équipes, sur les chantiers, avec des techniciens appréciant de transmettre leurs connaissances qui les suivent de près. Seul cet engagement permet une relève qualifiée», renchérit Michael Bagattini, patron de l’entreprise Bagattini SA (pôle construction). Toutes les formations de la branche automobile, de l’AFP au CFC, ont leur importance au Garage Grimm Centre-André Chevallley SA (pôle technique). «De stages en test d’aptitudes, les jeunes trouvent leur place dans notre garage… et dans le monde du travail. Placés en binôme avec les mécaniciens, nos apprentis comprennent le sens et l’intérêt de leur formation, ce qui leur permet de progresser rapidement, explique Manuel Correia, formateur. Et en plus, au contact des jeunes, nous devons constamment nous mettre à la page des nouvelles technologies. C’est enrichissant.»

Acteurs, pas spectateurs

«Notre groupe présent partout en Suisse optimise sa culture d’entreprise en matière de formation professionnelle, intervient Corine Husson, formatrice à Athleticum Sportsmarkets SA (pôle commerce). L’intégration rapide de l’apprenti dans les équipes, passant dans différents rayons, permet au jeune d’être pleinement acteur et non spectateur de sa formation.» Pour Joël Merigonde, pâtissier chocolatier (pôle services et hôtellerie/ restauration), la réussite du diplôme se base aussi sur le rapport humain. «Le jeune en formation vit en parallèle son adolescence, avec les difficultés et les satisfactions que cela implique. Le passage du milieu scolaire au cadre professionnel n’est pas évident. Au final, l’expérience de former n’est jamais lassante car elle dépend de l’alchimie de la personnalité de l’apprenti et du formateur. Et réussir la transmission du métier qu’on aime est si gratifiant.» Prix grande entreprise, SIG «joue un rôle formateur important dans le service public», rappelle Antonio Sanchez, responsable développement et organisation à SIG. A la rentrée 2017, l’effectif de la grande régie comprenait 70 jeunes répartis dans 15 professions différentes. «Notre volonté est bien d’offrir la plus grande diversité d’apprentissages possible, en genre et en nombre. Nous encourageons d’ailleurs l’engagement de femmes dans tous les types de métiers. SIG collabore également à la mise en oeuvre de nouveaux apprentissages.» En août de cette année, Genève a proposé une nouvelle formation d’agent relation client CFC et SIG s’est lancé dans l’aventure en recrutant une apprentie dans ce domaine.

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