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Continuer de s’engager pour la formation

Les entreprises formatrices genevoises misent sur une relève de qualité et adaptent leur processus de recrutement en période de crise

Jennifer Weil et Laurie Josserand

Coiffeuse, Valérie Chatton dirige trois salons Jean-Louis David à Genève et emploie 60 personnes, dont 9 apprentis. Une réussite qu’elle aime partager: «Je veux montrer aux jeunes qu’en travaillant, on peut s’épanouir et bien gagner sa vie dans un métier manuel et créatif.» Engagée dans la formation depuis 1997, celle qui considère la transmission comme partie intégrante de sa profession compte bien poursuivre dans cette voie, même si, cette année, il faut composer avec le Covid-19.

Appel aux candidatures

Si, depuis le 27 avril, les boucles rebelles peuvent à nouveau se faire dompter par les as du brushing, les mesures sanitaires actuelles ne permettent qu’une reprise d’activité partielle et requièrent des efforts inédits. 

Pourtant, pas question de renoncer aux futurs talents. Excepté trois jeunes en formation dont la santé ou l’anxiété réclame une prudence particulière, tous ont repris les brosses avec le sourire, même sous le masque. Et la franchise recrute quatre nouveaux apprentis coiffeuses et coiffeurs pour la rentrée. «Les entretiens se déroulent en visioconférence et les stages en juillet», précise Valérie Chatton.

La responsable déplore néanmoins le manque de candidatures. Une situation inhabituelle chez Jean-Louis David, qu’elle suppose liée aux craintes des jeunes et de leurs parents, malgré les précautions prises. «C’est dommage car la coiffure est l’un de ces métiers passion qui nous rappelle quand on s’en détourne; autant emprunter la bonne voie tout de suite. Le coronavirus est passager, concentrons-nous sur l’avenir.» 

Recrutement en chantier

Du côté des chantiers et de l’entreprise Scrasa, l’heure est à la reprise. Si les collaborateurs du génie civil, du bâtiment et leurs apprentis regagnent petit à petit leurs places de travail, il est bien une chose qui n’a pas connu la crise, c’est le recrutement des apprentis pour la rentrée prochaine. «Chez Scrasa, nous formons depuis les années 1960. C’est dire si nous avons à cœur de poursuivre notre mission de formation de la relève, s’enthousiasme Sébastien Revaux, directeur général de l’entreprise satignote. Les professions de maçon et constructeur de routes rencontrent encore peu d’intérêt aux yeux des jeunes, alors que la société a besoin de personnel formé pour réaliser des ouvrages de génie civil spectaculaires, comme la plage des Eaux-Vives, ou encore des routes sûres et des bâtiments qui abritent la population en cas de confinement.»

La période est donc à l’adaptation pour le processus de recrutement, qui se virtualise. La première sélection des candidatures se fait toujours par le biais d’un dossier complet. Mais les entretiens s’opèrent par visioconférence. Et les stages de découverte de l’entreprise, qui permettent de se familiariser avec l’environnement de travail, sont pour l’instant reportés. «Un bon recrutement, c’est croire en l’avenir et aux différents possibles en matière d’évolution professionnelle, pour le jeune et pour l’entreprise», conclut Sébastien Revaux.

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