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Dessinateur en architecture, un métier à haute responsabilité

En formation duale, à plein temps ou en voie accélérée, tous les chemins peuvent mener à ce métier attractif

Léonore Ehrsam-Bimpage

«En construisant les bâtiments de nos villes, les professionnels du domaine de l’architecture ont la lourde responsabilité de développer des réalisations de qualité, garantissant sécurité, salubrité et haut niveau esthétique», souligne Jean-Noël de Giuli, cofondateur et associé du bureau De Giuli & Portier Architectes.

Entre bureau et chantier

Si l’architecte est le premier à insuffler la vie à un bâtiment, le dessinateur en architecture prend également sa part de responsabilité. «Lorsque l’architecte nous transmet un projet, notre défi consiste à le concrétiser au plus près de sa vision artistique, en déterminant par exemple quelle sera l’épaisseur des murs ou le meilleur matériau pour les bâtir», explique Jeremy Meylan, apprenti de 4e année. Les responsabilités du dessinateur transparaissent dans les multiples aspects du métier. Au bureau, il prépare le projet, évalue les coûts, établit les devis et réalise les plans sur ordinateur. Sur le chantier, où s’effectue une grande partie du travail, il prend des mesures, assure la coordination et le contrôle du travail des corps de métier. «Bien qu’apprenti, j’ai la chance de toucher à tout, s’enthousiasme Jeremy Meylan. Durant mes trois premières années de formation, je me suis plutôt familiarisé au bureau en assistant mon formateur et mes collègues dans leurs tâches. Désormais en dernière année, je suis coresponsable du chantier de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. C’est un apprentissage passionnant et très varié, qui exige de la diplomatie, de la confiance en soi et un certain aplomb: il faut oser s’imposer pour que les délais soient respectés!» Jeremy Meylan est bien tombé: le bureau De Giuli & Portier prend très à coeur la formation professionnelle. «Cela fait vingt ans que nous formons des apprentis, insiste Jean-Noël de Giuli, qui est également chef expert aux examens pour la profession de dessinateur CFC orientation architecture. Pour nous, c’est un devoir, lequel nous permet aussi d’assurer une certaine qualité dans la profession.»

Trois voies de formation

Si Jeremy Meylan a opté pour un apprentissage en système dual (entreprise-école), sa formation est également accessible en filière plein temps. «Cette formule est une spécificité genevoise», rappelle Julien Frey, doyen au Centre de formation professionnelle Construction (CFPC) de Genève. D’une durée habituelle de quatre ans, le cursus existe également sous forme accélérée, en trois ans avec maturité professionnelle intégrée. Ces voies sont particulièrement prisées par les élèves désireux d’intégrer la filière architecture de la Haute École du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève (HEPIA). D’autant plus que la voie accélérée permet l’obtention du bachelor en six ans à peine après la fin de la scolarité obligatoire. Attractif, le métier de dessinateur en architecture plaît autant aux jeunes issus du Cycle d’orientation qu’aux plus expérimentés ayant déjà obtenu un CFC. Jeremy Meylan, par exemple, s’est d’abord formé comme tailleur de pierre avant d’entamer ce second apprentissage. Dans le canton de Vaud, même constat: «Un nombre croissant d’apprentis dessinateurs en architecture sont déjà au bénéfice d’un autre CFC dans le domaine du bâtiment. S’ils changent de voie, c’est souvent pour s’orienter vers un métier moins physique», constate Cédric Bongard, chargé de cours au Centre d’enseignement professionnel de Morges (CEPM) et membre de la Société suisse des ingénieurs et des architectes (SIA). À Genève comme dans le canton de Vaud, ces apprentis disposant d’un premier CFC peuvent bénéficier d’une formation raccourcie, après évaluation préalable de leurs acquis.

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