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Electric Skills 2018: la tension monte

Deux apprentis se préparent depuis plusieurs mois pour le championnat romand des installateurs-électriciens

Patrick Bagnoud

Les concours de métiers ont le vent en poupe. Notre pays fait généralement bien mieux que s’y défendre. «Lors des derniers championnats du monde, la Suisse a remporté la médaille d’or dans la catégorie installateur électricien», rappellent ainsi Alejandro Herminio Baeza et Alain Grandjean, représentants des associations professionnelles genevoises du secteur. Mais, avant de pouvoir défendre les couleurs helvétiques lors des prochaines joutes mondiales en août 2019, à Kazan (Russie), les candidats doivent franchir d’impitoyables sélections cantonale, régionale et nationale.

Que le meilleur gagne!

Ces épreuves face au public (où il s’agit de réaliser un montage complexe en respectant un temps imparti et une parfaite qualité de réalisation) ne s’improvisent pas. «C’est différent d’un examen de CFC où nous vérifions si le candidat a le niveau requis, explique Alejandro Herminio Baeza. Dans un concours, c’est le meilleur qui gagne: il faut donc s’entraîner et soigner les détails.» Dernière étape avant les Swiss Skills de septembre prochain à Berne, le championnat romand se
tiendra au centre commercial Balexert, à Genève, dès le 16 avril. Dix candidats (FR, GE, NE, VD, VS) ont été retenus pour y participer. Les deux candidats genevois sont issus des quelque 400 apprentis formés actuellement dans le canton. Fabian Morel et Maxime Piller excellent en théorie comme en pratique. Mais ils sont surtout solides mentalement et durs à la tâche. Libérés jusqu’à la date du concours par leur entreprise, les deux Genevois ont commencé leur entraînement en janvier, trois jours et demi par semaine. Deux box similaires à ce qu’ils vont trouver dans le grand hall de Balexert ont été installés dans une salle de pratique professionnelle de l’Association CIEG (Cours des installateurs électriciens genevois). «Ils peuvent ainsi s’entraîner dans un environnement proche de ce qui les attend, avec le bruit et le passage non pas des clients du centre commercial, mais des élèves des cours interentreprises», précise Alain Grandjean.

24 heures chrono

«Nous avons vingt-quatre heures pour réaliser une installation électrique suivant des plans reçus, explique Maxime Piller. Là, on y est, mais il faut viser la victoire et gagner encore du temps afin que tout soit parfait, au millimètre près.» Avec l’aide de plusieurs enseignants, tout a été analysé et disséqué pour trouver le bon ordre dans les interventions, même l’organisation de la place de travail et la disposition du matériel et des outils. «Parce que si vous perdez cinquante fois cinq secondes à chercher un tournevis, c’est quatre minutes qui ne pourront plus être utilisées pour ajuster un canal ou donner le petit coup de lime qui rendra le travail impeccable, assurent les deux apprentis. Nous répétons jusqu’à développer de véritables automatismes: pour la réalisation d’un chemin de câbles, il nous faut maintenant trente minutes au lieu de deux heures et trente minutes, avec une meilleure qualité de travail, en plus. Et pour terminer l’ensemble de l’exercice, nous sommes passés de plus d’une semaine à vingt-quatre heures…»

Tout bénéfice

Ces concours et la préparation qu’ils exigent enrichissent les candidats, mais aussi toute la filière de formation professionnelle, entreprises comprises. Les compétences acquises lors de la préparation sont unanimement reconnues par les formateurs. «Le niveau élevé dans la qualité du travail est un bon retour pour l’entreprise, mais c’est surtout pour le jeune que c’est important», confirme Michel Bonny, responsable de formation à SIG et chaperon de Fabian Morel. C’est aussi une émulation positive pour tous les apprentis qui croisent les deux champions à l’entraînement ainsi que pour leurs collègues dans l’entreprise. «C’est vrai que Maxime est absent des chantiers, mais nous allons le retrouver avec autant de compétences qu’un apprenti de fin de quatrième année. On est tous derrière lui, c’est une grande fierté pour l’entreprise», assure Laurent Doncque, son formateur chez Pirker Électricité SA. Lucas Dello Buono, participant aux Swiss Skills 2014, est aussi passé donner quelques tuyaux aux deux candidats. «Ce concours m’a beaucoup aidé pour obtenir mon CFC, tant au niveau des connaissances que de la gestion du stress. Et ça a aussi représenté un plus pour trouver une place de travail.»

Programme complet du concours sur https://electric-skills.ch

Electric Skills 2018: la tension monte