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Le festival Transforme met en relation les arts et les gestes professionnels

Les 28 et 29 juin, ambiance festive au CFPConstruction pour sensibiliser les jeunes aux métiers manuels

Léonore Bimpage

La première édition du festival Transforme à Genève a été conçue pour valoriser les formations professionnelles. Si la programmation de musique et de danse au son hip-hop et rap met l’eau à la bouche, l’ensemble du mobilier est fabriqué par les apprentis, qui serviront également nourriture et boissons. À l’origine de ce concept innovant? Un coup de foudre du créateur et codirecteur d’Antigel Éric Linder pour l’architecture des bâtiments du Centre de formation professionnelle Construction (CFPC). Composé de trois imposantes tours et de murs tapissés de tags, c’est un décor idéal pour la tenue d’un festival. Hasard du calendrier, l’année 2018 marque le 10e anniversaire de l’école. Il n’en fallait pas plus pour que les deux institutions mesurent l’avantage d’un partenariat et que mûrisse l’idée de sensibiliser les jeunes à l’apprentissage.
«Nous étions en pleine réflexion sur le programme des festivités et l’idée de cette collaboration nous a tout de suite séduits, se rappelle Nicolas Ebiner, directeur du CFPC. On peut déjà admirer sur les murs de l’école des fresques réalisées par
les apprentis peintres en bâtiment. Dans la cour, une sculpture conçue par un dessinateur en formation et fabriquée par des apprentis des métiers du bois et du métal vient d’être inaugurée. Le festival devait intégrer ces composantes.»

Valorisant et formateur

Le concept lancé, le festival Transforme a rapidement suscité l’enthousiasme. Parrainée par Antigel, l’association Antidote a pris les commandes opérationnelles. «Nous avons impliqué les jeunes dès le départ, explique sa directrice Stéphanie Cariage, en engageant notamment un apprenti graphiste pour l’élaboration de la communication visuelle. Pour alimenter les réseaux sociaux et faire le buzz, les élèves de l’Espace Entreprise ont réalisé des vidéos promotionnelles. Enfin, durant l’événement, les apprentis du Centre de formation professionnelle Services et Hôtellerie-Restauration (SHR) cuisineront et serviront nourriture et cocktails.» Côté aménagement, plusieurs classes d’apprentis menuisiers, ébénistes, constructeurs métalliques et maçons se sont engagées pour construire in situ les tables, chaises et bars du festival. Des jeunes qui n’ont pas boudé leur plaisir dans cette aventure. «C’est l’occasion de présenter concrètement notre formation, se réjouissent Aurélie Sarni et Tom Wenger, apprentis ébénistes de 3e année. Le public verra comment on est parvenus à transformer un arbre en un objet pratique.» Pour Antoine Barbey, leur enseignant, «c’est tout bénéfice: les apprentis sont motivés à
contribuer, par leur savoir-faire, à l’organisation d’un événement qu’ils apprécient. C’est à la fois valorisant et formateur. Ils se sont attelés au projet de fabrication comme s’il s’agissait d’un mandat d’entreprise, en suivant un cahier des charges
et des délais impartis.»

Voir les métiers autrement

L’objectif de cette opération est double: valoriser le travail des apprentis et sensibiliser le grand public à l’apprentissage. «Nous espérons que les collégiens et les élèves de l’École de culture générale seront aussi présents, insiste Nicolas Ebiner. Souvent, les élèves mettent du temps avant d’entamer un apprentissage parce qu’ils connaissent mal les filières professionnelles. Le festival est une occasion originale pour présenter le CFPC et la palette des métiers qu’il propose.» Une idée qui ravit les apprentis, le corps enseignant, mais aussi plusieurs entreprises du domaine, comme le rappelle Stéphanie Cariage: «Les entreprises mettent également leurs compétences au service de Transforme: l’une d’elles construira même une zone de repos avec ses hamacs soutenus par des structures en échafaudages.»

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