Cybermag / A la une / Le préapprentissage d’intégration pour les réfugiés cherche des entreprises

Le préapprentissage d’intégration pour les réfugiés cherche des entreprises

Dès l’automne, près de 1000 réfugiés suivront cette formation pour favoriser leur entrée en apprentissage. Une première en Suisse.

Léonore Bimpage

Intégrer durablement les réfugiés reconnus ou les personnes admises à titre provisoire, tout en diminuant leur dépendance à l’aide sociale. Tel est l’objectif que s’est fixé la Confédération avec la création d’un programme novateur. Destiné aux réfugiés âgés de16 à 35 ans détenteurs d’un permis Bou F, ce projet sera testé sur quatre ans par 19 cantons. À Genève, 60 places seront ouvertes dès la rentrée.

École de vie

Prévu sur une année, le préapprentissage d’intégration (PAI) genevois proposera des formations dans la santé, l’administration, l’intendance, la logistique, le nettoyage, l’hôtellerie et la restauration. Trois jours par semaine, les participants acquerront des compétences professionnelles auprès d’un employeur. Les deux autres jours seront consacrés à l’étude, avec un accent sur le français et les maths. «Souvent, ces personnes ne parviennent pas à entrer en formation faute de connaissances de base, rap-pelle Serge Baehler, directeur à la direction générale de l’OFPC. Le PAI vise à leur faire acquérir les aptitudes scolaires, professionnelles et culturelles qui leur permettront d’intégrer des secteurs où les employeurs peinent parfois à recruter.» Les futurs apprentis pourront égale-ment se préparer aux entretiens d’embauche et se familiariser avec les normes et valeurs de leur pays d’accueil. Ces compétences déboucheront sur une attestation cantonale de préapprentissage.

Suivi personnalisé

Deux conseillères en formation ont été engagées pour ce projet. «Nous contactons les entreprises susceptibles d’être intéressées, en privilégiant celles qui forment déjà des apprentis. Mais nous sommes ouvertes à toutes celles qui souhaitent s’y engager», précisent Naya Joffré et Valérie Carron Chicaiza. Les deux spécialistes assureront un suivi personnalisé des préapprentis en évaluant le processus de formation et en procédant à des bilans au cours de l’année. Enfin, les préapprentis seront encadrés par des psychologues conseillers en orientation afin de consolider leur projet professionnel, avec pour objectif une entrée en formation, en filière AFP ou CFC.

Gagnant-gagnant

Parmi les entreprises déjà engagées, DHL Express embauchera un réfugié dans le domaine de la logistique.«C’est une belle opportunité: je suis certain que son intégration se révélera bénéfique et favorisera l’ébullition d’idées nouvelles. Si l’expérience se déroule bien, nous poursuivrons probablement la formation par un apprentissage CFC», confirme Adriano Lazaro, formateur dans la multinationale. Et Nadia Our-rad, chargée de projet à l’Hospice général, d’ajouter: «Les migrants n’ont peut-être pas le même niveauscolaire ou professionnel que celui exigé en Suisse, mais ils sont particulièrement motivés à s’engager, à retrouver leur autonomie financière et sociale. Une qualité non négligeable pour les entreprises.»

Projet en développement

À Genève, l’OFPC est responsable de la mise en oeuvre du programme.C’est néanmoins l’étroite collaboration avec les institutions partenairesqui en garantira le succès. Ainsi, le Bureau de l’intégration des étran-gers, l’Hospice général, les associations professionnelles et les organisations du monde du travail assure-ront la qualité du programme. Ces institutions sont convaincues que le PAI va contribuer à assurer la relève professionnelle. «Il est d’ailleurs prévu d’augmenter le nombre de places disponibles de 60à 80 d’ici à deux ans et d’élargir les domaines professionnels dès l’an prochain», annonce Serge Baehler.Contacts et infos pour les entreprises intéressées: Naya Joffré (022 388 46 41; naya.joffre@etat.ge.ch) et Valérie Carron Chicaiza (022 388 46 36; valerie.carron-chicaiza@etat.ge.ch).

Le préapprentissage d’intégration pour les réfugiés cherche des entreprises