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Les entreprises genevoises s’engagent dans la formation des réfugiés

Le préapprentissage d’intégration (PAI) accompagne de jeunes adultes jusqu’à leur entrée en formation professionnelle

Perrine Necker

En pleine campagne genevoise, Alain Collard, directeur de l’EMS Résidence de la Champagne, ouvre les portes de son établissement avec un grand sourire. Voilà plusieurs mois déjà qu’il s’est engagé dans le volet genevois du PAI, le programme national destiné à améliorer l’intégration professionnelle des réfugiés. «Dès que j’ai entendu parler de ce projet, j’ai tout de suite été séduit, confie-t-il. Ces personnes ont eu des parcours de vie difficiles et il me tenait à coeur de les soutenir.» Lancé à l’initiative du Secrétariat d’État aux Migrations, le PAI est conçu comme une année préparatoire à l’apprentissage. Ce stage de dix mois offre une immersion de trois jours en entreprise, couplée à deux jours de cours théoriques au Centre de formation pré-professionnelle ou à l’Université Ouvrière de Genève. «Le PAI permet aux participants de se familiariser avec le monde du travail en Suisse, tout en acquérant les connaissances scolaires nécessaires à l’entrée en formation professionnelle», précise Serge Baehler, responsable du programme à la direction générale de l’Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC) à Genève.

Des candidats motivés

Foday Secka, Wahazit Amnatie et Adonay Tesfu font partie des 60 personnes retenues pour la première volée de ce programme d’intégration. Accueillis au sein de l’EMS Résidence de la Champagne, le premier a été formé en cuisine, les deux autres dans les soins. «Au début, une référente nous a appris les gestes des métiers, mais aussi tous les enjeux liés à la sécurité des personnes âgées», raconte Wahazit Amnatie, arrivée il y a cinq ans d’Érythrée. Rapidement intégrés à l’équipe de l’EMS, les stagiaires ont eu à coeur de démontrer chaque jour leur motivation. «Ils ont fait preuve d’un réel désir d’apprendre et d’un sens très prononcé du respect de l’autre», confirme le directeur. Dans un univers professionnel composé majoritairement de femmes, les pensionnaires se sont très vite familiarisés avec leur nouvel aide-soignant. «Un jour, alors que je rasais la barbe d’un vieil homme, il m’a dit: «Voilà enfin un homme qui connaît les hommes, vous m’avez parfaitement bien rasé!» s’amuse Adonay Tesfu. Les trois stagiaires arrivent désormais au terme de leur PAI, qui se conclut de la plus belle des manières: Foday Secka et Adonay Tesfu ont décroché une place d’apprentissage au sein de l’établissement et Wahazit Amnatie vient de signer un contrat d’apprentissage avec les HUG pour entamer une formation d’aide en soins et accompagnement.

Un projet gagnant-gagnant

Aux Pâquis, l’Hôtel Edelweiss a également donné sa chance à Tamara Khositashvili, une jeune Géorgienne de 17 ans. «Tamara s’est tout de suite intégrée à l’équipe et a su nouer un excellent contact avec la gouvernante et le reste des collaborateurs, souligne Caroline Adler, directrice de l’établissement. Elle s’est beaucoup investie dans son travail dès lors qu’elle s’est sentie utile et nécessaire au bon fonctionnement de l’hôtel.» Dans le secteur de l’accueil, sa parfaite maîtrise du russe a également constitué une réelle plus-value pour l’entreprise. Cette première expérience a été très concluante: elle a convaincu les deux employeurs de poursuivre l’aventure et de former d’autres stagiaires l’année prochaine. Piloté par l’OFPC, avec le soutien des associations professionnelles concernées et du Bureau de l’intégration des étrangers, le PAI est sur les bons rails. «Nous souhaitons à nouveau offrir une soixantaine de places à la rentrée de 2019, se réjouit Serge Baehler. Nous lançons donc un appel aux entreprises intéressées à participer au projet et les invitons à prendre contact avec nous dès à présent.»

Appel lancé aux entreprises

Les candidats au PAI 2019-2020, âgés de 18 à 35 ans et au bénéfice d’un permis F ou B réfugié, sont actuellement sélectionnés sur la base de leur motivation, de leur niveau de français et de leur projet professionnel. Les personnes retenues seront encadrées du début à la fin du stage en entreprise par des conseillères en formation et par leurs enseignants dans les écoles. Le PAI genevois est à la recherche d’entreprises formatrices dans les domaines suivants: intendance, servicehôtellerie et restauration, propreté, logistique, santé, administration, agriculture et vente.
Informations et conseils
au tél. 022 388 46 36/41
ou par courriel, à l’adresse
preapprentissage@etat.ge.ch.

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