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Les techniciens en analyses biomédicales sous la loupe!

Technicité et compétences sociales tracent les axes de cette formation. Un métier à haute responsabilité

Eliane Schneider

«Les compétences sociales sont essentielles dans le cadre aseptisé d’un laboratoire. Savoir évoluer au sein d’une équipe pluridisciplinaire, pouvoir transmettre des résultats fiables de manière compréhensible et précise s’avère un exercice de haut vol», lance Stéphane Trillat, doyen responsable des filières de l’École des métiers du laboratoire, à Genève. De niveau tertiaire et bénéficiant d’une visibilité croissante, cette formation en école supérieure (ES) procure à l’étudiant un socle technique et scientifique à la pointe du progrès.

Cursus classique à Genève…

La formation ES de technicien en analyses biomédicales (TAB) de Genève s’acquiert en trois ans. Si les deux premières années se déroulent à plein temps en école, la troisième s’effectue hors les murs, par deux stages professionnels de 24 semaines chacun, s’intégrant ainsi à la diversité du terrain: hôpital, laboratoire d’analyses médicales, service de transfusion, industrie du diagnostic, compagnie pharmaceutique ou institut de recherche. Les bases techniques, les consignes de sécurité, le matériel, les analyses (sang, coupes d’organes, liquides biologiques ou céphalorachidiens, etc.) constituent les principales matières de l’étude. En corollaire, un exigeant travail de diplôme développe l’esprit critique du futur professionnel. L’école TAB genevoise accueille des étudiants provenant de tous les cantons romands, principalement les détenteurs d’un certificat d’École de culture générale en option santé (50% des effectifs), d’un CFC de laborantin en biologie, d’une maturité gymnasiale ou d’un titre jugé équivalent. «Les profils universitaires à la recherche d’un métier réputé pour ses débouchés attrayants sont aussi des profils intéressants, admet Stéphane Trillat. Malgré leur parcours, ils se sentent tout de suite mis au défi par l’aspect pratique de la formation.»

… et accéléré à Lausanne

La formation professionnelle accélérée «2+2» (FPA) comprend deux ans de formation initiale (CFC de laborantin, orientation biologie) et deux ans de formation tertiaire (technicien en analyses biomédicales ES). Trois titres permettent d’accéder à la FPA: le certificat d’École de culture générale, la maturité professionnelle et la maturité gymnasiale. Et le diplôme de laborantin CFC permet de commencer la formation ES. «Notre cursus est complémentaire à celui de Genève en ce sensqu’il accueille un public cible différent, relève Cédric Gregoretti, directeur de l’École supérieure de la santé, à Lausanne. Elle a l’avantage de permettre rapidement - en deux ans - à des porteurs de maturité ou de certificat ECG d’accéder au monde du travail ou d’entrer directement en HES (santé, biotechnologie, etc.). En achevant les deux ans supplémentaires, ils obtiennent le titre tertiaire (TAB) les amenant sur le devant de la scène scientifique.»

Employabilité maximale

Le TAB évolue souvent dans le milieu même du laboratoire, en passant d’un modèle d’analyse à un autre, exerçant des techniques soit manuelles (microscope et cultures en boîtes de Pétri) soit automatiques, en pilotant des chaînes informatisées. Contrairement à l’ambulancier, le TAB n’approche que très rarement la souffrance humaine, le face-à-face éprouvant. La pression psychologique, moins prégnante, lui permet de «durer» dans sa profession. Grâce à la formation continue «Expert TAB» EPS (examens professionnels supérieurs), le professionnel accède au contrôle de qualité et au management, voire à la gestion de certains laboratoires. «L’employabilité des TAB est maximale, intervient Stéphane Trillat.
Le partenariat tissé par l’école avec de nombreux laboratoires permet aux étudiants d’obtenir des stages et, aux entreprises, d’embaucher rapidement des professionnels excellemment formés.» Marta Da Costa Coelho travaille au Centre médical universitaire (CMU), à Genève, au sein d’une équipe de recherche en pathologie et immunologie. «Après mon stage de 3e année, j’ai directement signé un contrat de travail dans ce domaine qui me passionne.» La recherche est polyvalente: histologie, culture cellulaire, cellules-souches et ADN font partie de cet univers. «J’augmente mes responsabilités au sein de l’équipe et je me trouve motivée – par mes contacts pluridisciplinaires – à développer mes connaissances, en participant à des conférences et séminaires, en proposant éventuellement mon propre projet de recherche et l’article scientifique qui le couronne.» L’avenir professionnel? En ajoutant un volet pédagogique à sa formation, elle se verrait bien
dans l’enseignement professionnel TAB.

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