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Pas d’âge pour se former

Le Genevois Karim-Pierre Bahechar est retourné sur les bancs de l’école à l’âge de 56 ans.Portrait

Laurie Josserand

Natif de Casablanca,Karim-Pierre Bahechar a vécu son enfance un pied au Maroc et l’autre en Suisse. Habitué à passer une partie de ses vacances dans sa famille à Genève, il décide un beau jour de1987 d’y poser ses valises.Engagé au Touring Club Suisse(TCS), il fait ses premières armes dans le secteur de la logistique entant que magasinier, puis comme responsable d’expédition. Son quotidien professionnel est ponctué parla préparation, la réception et la distribution des colis en interne, la gestion des brochures publicitaires, le contrôle des factures et leur suivi administratif.Des problèmes de santé le contraignent à quitter le TCS quelque dix-sept ans après. Il est alors tour à tour chauffeur-accompagnateur dans un EMS, agent de prévention aux CFF et agent de surveillance au Musée d’art et d’histoire. Karim-Pierre renoue avec la logistique en2016 chez Réalise. «Mon expérience dans cette entreprise sociale m’a ouvert les portes de la Fondation PRO, indique Karim-Pierre. En 2017,PRO m’attribue une nouvelle mission: la gestion des archives d’une grande institution sociale. C’est à ce moment que j’entame les démarches pour une procédure de qualification professionnelle, histoire d’obtenir un diplôme dans la logistique.»À la fin d’août 2018, il reçoit un appel du Service de la formation continue de l’Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC) de Genève:une place pour intégrer le dispositif se libère. Il prend le train en marche et, à 56 ans, retourne sur les bancs d’école: «Il n’y a pas d’âge pour foncer! J’avais envie d’enrichir mon vocabulaire dans la logistique,découvrir de nouveaux aspects et asseoir les compétences acquises durant mon parcours.» C’est donc sur les chapeaux de roues qu’il commence la préparation de l’attestation fédérale de formation professionnelle (AFP) deux soirs par semaine pour la théorie et la culture générale et plusieurs samedis de cours pratiques au centre de l’Association suisse pour la formation professionnelle en logistique (ASFL), à Marly (FR). «La motivation, le soutien de la famille et l’entraide entre pairs sont déterminants dans la réussite d’une formation qualifiante pour adultes»,reconnaît Karim-Pierre. 2019 aura donc été une année émaillée de succès: l’AFP en un an, qui, tel un gage de reconnaissance,vient couronner toute une vie professionnelle, mais aussi une signature de contrat à durée indéterminée chez PRO. «Apprendre, c’est avoir un projet, partager, être vivant»,conclut le lauréat.

Les solutions offertes

En Suisse, près de 10 000 adultes de plus de 25 ans obtiennent un diplôme de formation professionnelle initiale chaque année, certificat fédéral de capacité (CFC) ou attestation fédérale de formation professionnelle (AFP). C’est l’article 32. Éclairage de Dao NGuyen, directrice du Service de la formation continue à l’OFPC.

Quelles sont les options pour obtenir un diplôme de formation professionnelle en tant qu’adulte?  Plusieurs alternatives s’offrent à eux, selon leur degré d’expérience, le métier visé. D’abord, la formation professionnelle avec contrat d’apprentissage, en formule classique ou raccourcie. Possibilité plus méconnue: se présenter à l’examen final directement, sans contrat d’apprentissage mais en bénéficiant de cours préparatoires. Troisième option, mais seulement pour une poignée de professions: rédiger un dossier de compétences afin de valider les acquis par l’expérience (VAE). Une dernière procédure de qualification, plus confidentielle puisque proposée dans le domaine horloger, est la formation modulaire avec un examen fractionné.

Quels sont les prérequis afin d’en bénéficier?  Hormis la formation initiale formelle avec contrat d’apprentissage, les autres nécessitent de solides compétences dans le champ professionnel et plusieurs années d’expérience dans le métier visé. Les connaissances en français sont fondamentales, elles font partie des préalables pour obtenir une certification. Toutefois, à chaque profession son niveau d’exigence. c’est la raison pour laquelle il est nécessaire de faire appel aux services concernés dans chaque canton romand afin d’obtenir les informations nécessaires.

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