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Viser des carrières internationales

Du CFC d’employé de commerce bilingue aux hautes études à portée internationale, ces cursus qui donnent une ouverture sur le monde

Eliane Schneider

Aujourd’hui, le profil M bilingue (maturité intégrée) d’employé de commerce s’arrime parfaitement au paysage genevois de la formation professionnelle. Cet apprentissage dual (entreprise + école) aboutit, en trois ans, à l’obtention de deux diplômes distincts: le CFC d’employé de commerce et la maturité professionnelle commerciale bilingue, procurant un accès direct à la Haute École de gestion (HEG) et, moyennant une passerelle, à l’université, qui prépare aux métiers de la diplomatie.

Alternative au collège

Les conditions d’admission à cet apprentissage exigeant sont identiques à celles de la maturité gymnasiale. «Ces jeunes doivent se sentir à l’aise avec l’anglais, indique Mir- ko Bianchi, doyen au CEC André-Chavanne, à Genève. Si la première année ne représente qu’une étape d’immersion dans la langue de Shakespeare où, par exemple, l’histoire est dispensée en anglais, les deux années suivantes font la différence! Mathématiques et économie s’enseignent alors en anglais. Il n’est pas rare qu’un jeune commence son apprentissage en profil M (maturité intégrée) d’employé de commerce normalement en français et bifurque, par intérêt ou par défi, dès la deuxième année en filière bilingue.» Bien que ce soit un atout que l’entreprise formatrice propose un environnement multinational et pratique l’anglais dans sa langue de travail, il ne s’agit pas d’un critère indispensable à l’admissibilité. La différenciation bilingue se pratique en école.

Gagner en autonomie

À la FER Genève, Service des grands comptes & affaires internationales, Felix Genesio, apprenti de commerce en filière bilingue, troisième année, s’active avec une aisance impressionnante: «Les échanges avec les clients affiliés à ce secteur s’effectuent souvent en anglais, même si le français reste la langue de travail dans mon entreprise.» Après un service militaire où il obtient le grade de lieutenant, il met en point de mire cet objectif d’apprentissage bilingue, dynamisant par son aspect pratique en entreprise. «J’ai pu passer dans tous les services: ressources humaines, comptabilité, chancellerie, accueil. Avec mon goût pour la relation clients, quelle que soit la langue!» pétille l’apprenti. «Il sait se positionner face à une problématique, innover dans ses solutions», se félicite Martina Liebich, sa formatrice. Tout comme ses amis (avocat, graphiste, comptable, informaticien, etc.) qui l’épaulent dans sa start-up de segmentation de marché, qu’il met sur pied, en parallèle au CFC. «Je collabore déjà avec un groupe d’étudiants de la HEG, via le Groupe d’encadrement de projet (GREP)», admet celui qui ne cache pas son impatience à intégrer le bachelor en International business management.

Interview: «Je jette des ponts»

Fanny Charmey est diplomate en formation. Après une maturité bilingue, elle a obtenu un bachelor en linguistique, un master en linguistique et science politique, un CAS en médiation et un autre CAS en coopération internationale. Interview.

La diplomatie, êtes-vous tombée dedans?  Un test d’orientation à l’âge de onze ans avait fait déjà surgir ce mot-clé! Je me suis investie dans des associations d’étudiants en lien avec cette thématique. Un premier job pour une ONG m’a permis de voyager pour l’ONU, le Conseil de l’Europe, la sécurité internationale. J’ai pu bâtir sur cette expérience et décrocher ensuite un travail à l’ambassade de Khartoum, au Soudan, avant de passer le concours diplomatique.

Quelles aptitudes sont nécessaires?  L’entregent est une compétence cardinale. Il fait aussi avoir de la curiosité, un esprit de synthèse, et être flexible.

Quelles valeurs véhiculez vous?  Celles de la Suisse: démocratie, fédéralisme, neutralité, respect du droit, celui des minorités, solidarité. Je jette des ponts.

Que diriez-vous à un jeune qui songerait à se lancer?  Osez! Il est fascinant de s’immerger dans des cultures et des thématiques si différentes. Et changer tous les quatre ans de poste ne laisse poindre aucune lassitude. Mais il faut en être conscient, en particulier pour sa vie privée.

Une journée de travail?  Elle peut se dérouler à Berne où je prépare la visite d’un chef d’État. Elle peut aussi se passer au Soudan avec la visite d’un camp de réfugiés le matin. Puis reportage avec une équipe de journalistes l’après-midi pour Suisse Tourisme. Le soir, représentation diplomatique dans une ambassade étrangère pour leur fête nationale. Le tout ponctué, tout au long de la journée, par des urgences.

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