Depuis cette année, la Cité des métiers et de la formation (CdMF) accueille de grandes entreprises, formatrices dans plusieurs professions, dans le cadre de «zooms métiers» qui leur sont spécialement dédiés. Le 2 novembre, Swisscom présentera ses apprentissages de gestionnaire du commerce de détail, de médiamaticien et de télématicien. Une jeune apprentie de 17 ans coordonne la prestation de ses collègues.
Lorsqu’elle termine sa scolarité obligatoire au Cycle d’orientation de Vuillonnex, Filipa Botelho cherche une formation en vue de travailler dans un bureau. «J’ai écrit 85 lettres pour trouver une place», se souvient-elle. Parmi ces offres, elle postule à la formation d’assistante de bureau chez Swisscom. La procédure de la maison veut que les candidats soient convoqués à des tests d’évaluation de compétences avant d’avoir un entretien avec un «coach». C’est là qu’elle apprend que ses tests dépassent les attentes pour la formation choisie et qu’on lui propose de suivre une formation plus poussée, celle de médiamaticienne.
Polyvalence
Les médiamaticiens sont des personnes polyvalentes au bénéfice d’une bonne formation commerciale de base et qui maîtrisent particulièrement les outils informatiques. Exactement le genre d’activité qui convient à Filipa: «Petite, je dépannais les adultes qui avaient des problèmes de téléphone portable», raconte la jeune fille. Chez Swisscom, l’apprentissage ne suit pas un programme linéaire prédéfini. Il se déroule sous forme de stages dans les différents services, qui laissent une marge de manoeuvre à l’apprenti sous la supervision d’un coach. En 2009, elle commence donc son apprentissage en participant à une grande manifestation, Télécom 09. Pendant un mois et demi, elle aide à la mise en place et met en service des installations, ordinateurs et écrans plats, puis à leur démontage. Le reste de sa première année sera davantage consacré à du travail de bureau, puisqu’elle s’occupe essentiellement de controlling en comptabilité. La semaine de Filipa Botelho se partage entre deux jours de cours professionnels à l’École professionnelle commerciale d’Yverdon-les-Bains (VD) et trois jours en entreprise.
En deuxième année, Filipa continue son parcours à travers différentes activités de l’entreprise: elle s’occupe notamment de logistique et de gestion des stocks de câbles téléphones et autre switchs utilisés sur le terrain. Autre mission, la
mise à jour des logos chez les partenaires genevois de l’entreprise, les électriciens et informaticiens qui les arborent sur leurs véhicules, leur devanture ou leur site Internet. En fin d’année, toute une cohorte d’apprentis a eu l’occasion de travailler avec un pro de l’événementiel, à la préparation et au déroulement de «Gymnaestrada 2011» à Lausanne. Partenaire et sponsor de cette gigantesque manifestation organisée par la Fédération internationale de gymnastique, Swisscom a engagé de gros moyens dans l’aventure. La future médiamaticienne a participé à la réalisation de la vidéo souvenir de l’événement.
Représenter l’entreprise
Ces expériences lui ont permis, à l’aube de sa troisième année d’apprentissage, d’être désignée organisatrice du projet «zooms métiers» à la Cité des métiers. «J’aime travailler en équipe», explique Filipa Botelho, qui pour l’occasion, coordonne la présentation des formations proposées à Genève. «Il a fallu reconnaître les lieux, repérer les prises électriques, inventorier le matériel à disposition et celui à fournir, commander le stand à Berne. Parallèlement, il faut se préparer avec les apprentis qui feront les démonstrations, s’occuper des plannings et des autorisations.» Tout cela génère beaucoup de stress, mais un stress positif et stimulant qui donne une bonne expérience dans des conditions réelles.
Ce que Filipa Botelho apprécie le plus, c’est le côté généraliste du métier, sa diversité: «Il faut aimer l’informatique comme la communication. Et vouloir agrandir ses compétences.» Alors qu’elle n’a quitté l’école que depuis peu de
temps, la jeune fille a l’impression d’avoir beaucoup grandi. «Aujourd’hui, j’ai envie d’autonomie et de prendre des responsabilités», revendique-t-elle.