Jonathan Messerli «aime être dehors par tous les temps». Il a choisi de devenir constructeur de routes, une des nouvelles formations du champ de la construction de voies de communication (CVC). A 25 ans, il s’apprête à terminer son cursus au sein de la première volée d’apprentis en filière CFC (certificat fédéral de capacité). Avant de se lancer dans cet apprentissage, ce Genevois a commencé plusieurs formations jusqu’à ce qu’il en trouve une où il se sente vraiment à l’aise. «Le gros œuvre m’intéressait, en particulier le métier de maçon. Mais lors d’une après-midi d’information professionnelle, j’ai découvert le métier de constructeur de routes. Il m’a paru plus varié, avec moins de pose de coffrages et de ferraillage pour le béton, mais davantage de polyvalence dans le terrassement et la pose de revêtements.» La création de deux filières de formation distinctes pour la maçonnerie du bâtiment et celle des voies de communication sont un exemple des opportunités offertes aux jeunes qui s’intéressent au gros œuvre. Des métiers qui ont beaucoup évolué ces dernières années et dont l’image ne correspond pas toujours à la réalité: s’ils restent physiques et manuels (bien que les machines aient largement remplacé le portage), ils exigent aussi de bonnes connaissances théoriques, notamment en calcul et en géométrie.
«Salle de musculation»
«Lorsque j’ai commencé, je n’avais jamais tenu une pelle dans mes mains», avoue Jonathan. Engagé dans une entreprise active aussi bien dans le génie civil que dans la construction, il s’est rapidement frotté aux dures contraintes du travail de chantier dont il a su prendre le bon côté: «J’ai l’habitude de dire que mon boulot, c’est une salle de musculation gratuite, où j’ai d’ailleurs pris rapidement 10 kilos de muscles!» Pour les conditions de travail, les apprentis suivent les horaires de la branche, soit 8 h par jour en hiver, 8 h 30 à l’intersaison, et 9h en été. Ils bénéficient de dix semaines de vacances en 1re année, huit en 2e et six en 3e, avec des salaires mensuels de l’ordre de 1500, 2600 et 3200 francs. Durant leurs trois ans de formation, les constructeurs suivent un jour par semaine de cours théoriques au Centre de formation professionnelle construction, ainsi que deux à trois sessions de cours interentreprises par année, organisées à Colombier (NE).
Des connaissances variées
Le contenu des cours apparaît à Jonathan Messerli plus poussé qu’il ne l’imaginait. «Il y a beaucoup de calculs, par exemple pour les métrés, les niveaux et même les coefficients de dilatation.» La formation demande aussi de connaître les propriétés des roches ou les variétés de ciment. «Pour l’examen du CFC, nous avons plus de 100 matériaux à mémoriser», explique Jonathan, qui reconnaît que ces larges connaissances font aussi partie de la variété des tâches qu’il apprécie dans son métier. «On passe de l’aménagement extérieur d’un supermarché aux terrassements pour une piscine communale, de la préparation d’un terrain pour des immeubles, avec ses équipements en collecteurs et en raccordements, à la pose de drainages pour les courts de tennis. En ville, en ce moment, on embête les gens avec nos trous. Certains nous engueulent, d’autres nous trouvent courageux. Moi, j’adore ce que je fais.»