Un soutien aux entreprises formatrices

Des professionnels  mis gratuitement au service des entreprises formatrices pour effectuer la majeure partie du travail administratif de suivi des apprenti-e-s: c’est le rêve de bon nombre de formateurs, notamment au sein des plus petites sociétés. Depuis le début de l’année, l’OFPC (Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue) avec l’appui de Interface Entreprises s’est lancé dans ce projet pilote cofinancé par l’OFFT (Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie). «Les ordonnances fédérales de formation imposent des exigences de plus en plus élevées, aux jeunes bien sûr, mais aussi aux entreprises qui les forment. Avec cette prestation, nous voulons les soulager d’un certain nombre de tâches extrêmement chronophages et leur permettre ainsi de se concentrer sur ce qu’elles savent - et aiment - faire: la transmission des connaissances pratiques», explique Grégoire Evéquoz, directeur général de l’OFPC et initiateur de ce projet pilote.

Réservé pour l’instant aux professionnels formant - ou prêts à engager - des apprenti-e-s en filière AFP (voir encadré), le projet pilote met à la disposition des entreprises des «coachs» capables d’effectuer de nombreuses démarches à leur place: participer à la procédure d’autorisation de former, rechercher et sélectionner les apprenti-e-s lors de la procédure de recrutement, préparer les contrats d’apprentissage et tout autre document utile au processus de formation, assurer les relations avec les partenaires de la formation professionnelle, etc. «Nous pensons que cette démarche devrait permettre d’activer un large potentiel de places d’apprentissage pas encore exploitées. Nous attendons donc avec beaucoup d’intérêt les résultats de l’expérience menée à Genève,en espérant que d’autres cantons pourront bientôt en profiter», précise Jérôme Hügli, responsable du projet à l’OFFT.

 

Vers une généralisation de la procédure

«Une récente enquête nous a permis d’identifier les entreprises qui ne formaient pas encore d’AFP, que nous allons rencontrer une à une», explique Virgile Besse, l’un des trois coachs engagés par Interface Entreprises. «En proposant notre soutien en fonction des besoins des entreprises et à leur demande, nous désamorçons la plupart des freins qui les empêchent de se lancer dans le processus de formation», ajoute son collègue Harold Martin. Gain de temps et diminution du stress liés aux contraintes de la formation sont les premiers effets bénéfiques ressentis par les formateurs. En moins de deux mois d’existence du projet, cinq jeunes se sont déjà présentés en vue d’une signature de contrat d’apprentissage AFP, après avoir été présélectionnés et avoir effectué plusieurs stages. «Alors qu’elles n’auraient certainement pas été partantes sans notre aide, plusieurs entreprises vont se lancer dans l’aventure, se réjouit Djemaâ Chraïti, responsable d’Interface Entreprises. Nous espérons collaborer avec une cinquantaine d’entre elles durant les deux ans du projet pilote.» «Ce projet touche également au coeur de la politique de formation à Genève, précise Grégoire Evéquoz. Il s’agit de trouver de nouvelles structures associant les entreprises formatrices et l’administration. Le soutien, la réactivité et l’amélioration des canaux de communication sont aujourd’hui primordiaux. Et si, à terme, les indicateurs sont au vert, nous pourrons certainement généraliser cette pratique et l’étendre aux entreprises formatrices en filière CFC.»

Trois questions aux coachs, Catherine Guévry-Borer, Virgile Besse, Harold Martin, mis au service des entreprises formatrices en filière AFP par Interface-Entreprises

1. Quelle est la procédure mise en place pour accéder aux entreprises formatrices ?

Une récente enquête a permis d'identifier les entreprises qui ne formaient pas encore d'AFP, que nous sommes en train de rencontrer une à une. En proposant notre soutien en fonction des besoins des entreprises et à leur demande, nous désamorçons la plupart des freins qui les empêchent de se lancer dans le processus de formation. Gain de temps et diminution du stress liés aux contraintes de la formation sont les premiers effets bénéfiques ressentis par les formateurs.

2. Combien d'entreprises sont concernées par ce projet ?

Alors qu'elles n'auraient certainement pas été partantes sans notre aide, plusieurs entreprises se sont lancées dans l'aventure. Nous espérons collaborer avec une cinquantaine d'entre elles durant les deux ans du projet-pilote. Le soutien, la réactivité et l'amélioration des canaux de communication sont aujourd'hui primordiaux. Et si, à terme, les indicateurs sont au vert, nous pourrons certainement généraliser cette pratique et l'étendre aux entreprises formatrices en filière CFC.

3. Rappelez-nous ce qu'est une AFP ?

L'attestation fédérale de formation professionnelle initiale en deux ans (AFP) est une formation professionnelle orientée vers la pratique et destinée à un public en difficulté d'apprentissage. De fait, la personne en AFP peut bénéficier d'un encadrement individuel. La personne titulaire de l'AFP peut raccorder la filière CFC directement en deuxième année. Plus de 15 professions sont proposées à Genève en filière AFP.

Les entreprises formatrices intéressées par ce projet-pilote peuvent contacter la structure Interface-Entreprises, rue Prévost-Martin 4bis, 1205 Genève (tél. 022 388 44 71, soutien-entreprises@etat.ge.ch ).

Un soutien aux entreprises formatrices