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Aux SwissSkills 2018, les apprentis genevois gagnent!

La quinzaine d’apprentis genevois - concourant dans 10 des 135 métiers présentés - n’a pas fait de la figuration durant les quatre jours de compétition à Berne. Médaille d’or pour Nicolas Ettlin, informaticien CFC.

Eliane Schneider

Dans les starting-blocks du début à la fin du championnat (du 12 au 15 septembre 2018), 14 apprentis et apprenties ont représenté le canton de Genève dans des métiers aussi variés que mécanicien en motocycle CFC, gestionnaire de commerce de détail CFC, cuisinière CFC, informaticien CFC, maraîcher CFC, assistante en soin et santé communautaire CFC, constructeur d’installations de ventilation CFC, monteur frigoriste CFC, polymécanicien CFC ou installateur-électrique CFC. «Quel que soit leur résultat final, ces jeunes se sont énormément appliqués - et impliqués!, lance Gilles Miserez, directeur général de l’OFPC. Ce type de concours est l'occasion idéale pour la relève de se mesurer dans le cadre de compétitions, de s'affirmer et de progresser professionnellement.»

Intelligence artificielle

Au championnat régional disputé à Genève comme aux SwissSkills2018 à Berne, Nicolas Ettlin s’est systématiquement hissé à la première place. «Ce n’est qu’au moment de monter sur le podium, face à tout ce public enthousiaste, que j’ai senti la pression, l’émotion», confie le jeune homme de 16 ans, en troisième année d’apprentissage d’informaticien option développement d’applications, avec maturité professionnelle intégrée. Le concours national lui a également permis de tisser des liens d’amitié entre les participants de la Team Romandie (organisée pour soutenir les 150 romands, tous métiers confondus, en lice à Berne). Le moins qu’on puisse dire, c’est que Nicolas est à l’aise en informatique. Une page web à réaliser selon une capture d’écran en guise de modèle, une base de données permettant d’optimiser les paris sportifs ou encore le guidage par intelligence artificielle des pions dans le jeu numérique Tic-tac-Toe ne l’ont pas impressionné. «Dès octobre prochain, je participerai aux tests pour le WordSkills Competitions, qui aura lieu en août 2019 à Kazan, en Russie. Et pour la suite de mes études, peut-être une passerelle EPFL», se projette modestement le jeune scientifique.

Curiosité gastronomique

La compétition motive aussi Delphine Rossetti, CFC de cuisinière en poche. «C’est mon 7e concours», explique celle qui a été pendant neuf mois membre de l’équipe suisse junior de cuisine, une organisation parallèle aux SwissSkills. Certes déçue de manquer de peu le podium, l’exigeante professionnelle n’a pas pour autant gâché son plaisir et sa curiosité de la compétition. «Glaçage-miroir pour un dessert d’exception, binôme avec un serveur pour obtenir le bon timing au moment du coup de feu ou menu à plusieurs plats entrecoupé, en pleine préparation et par surprise, de quatre assiettes asiatiques à insérer», souffle la meilleure apprentie en cuisine de l’année 2018. Le célèbre chef étoilé Didier de Courten a été sensible à son énergie. Il vient de l’engager.

Nourritures terrestres

Les maraîchers étaient représentés pour la première fois aux SwissSkills2018. Sur les 16 participants, quatre étaient romands. «La réflexion, l’intérêt intellectuel de la profession me passionnent autant que les aspects techniques», explique Bryan Biderbost, maraîcher fraîchement diplômé. Les nouvelles technologies, les diverses  clientèles avec leur dimension sociale spécifique, le changement climatique, la commercialisation des produits font partie de son quotidien en permanente adaptation. Celui qui porte «un intérêt tout particulier aux calculs de planification de travail, de récoltes, en lien direct avec la nature et la nourriture» considère que la réussite des différentes épreuves du championnat (par exemple: manipulation de tracteur, préparation phytosanitaire, calibrage, culture et récolte de légumes, labour et semis, etc.) diffère selon l’entreprise dans laquelle on effectue son apprentissage, selon qu’elle est axée sur les champs ou les serres. Le jeune professionnel, qui ne vient pas d’une famille de maraîchers, confirme sans ambages son sens du métier: «L’essentiel est la volonté d’aller jusqu’au bout!»

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