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La jeune BD s’illustre à Genève

Les trois nominés pour le Prix Töpffer de la jeune bande dessinée sont issus de l’ESBDi. Témoignages croqués.

Coup de crayon. Idées à foison. Vendredi dernier, la Bande Dessinée était célébrée dans le Cube de la Haute école d’art et de design (HEAD) à Genève, canton berceau du neuvième art. Les trois candidats en lice pour le Prix Töpffer de la jeune bande dessinée ont un point commun : leur formation à l’ESBDi (École supérieure de bande dessinée et d’illustration), véritable pépinière de talents. « Cette distinction consacre un artiste jusqu’à 30 ans n’ayant encore jamais publié, explique Patrick Fuchs, doyen de l’ESBDi. Les trois nominés ont présenté leur travail de diplôme, soit un projet de narration séquentielle d’au moins 24 pages. » Trois histoires, autant d’horizons.

L’enragé

« Pour moi, le dessin est une écriture s’apparentant à un timbre de voix. Raconter c’est comme parler, alors quand je dessine, je parle », confie Dylan Iacovelli, originaire de Bienne. De son expérience à l’ESBDi, il retient un climat fertile à la création, régi par l’entraide et la tolérance. Deux ans d’immersion pour s’enrichir, gagner en confiance. Et délivrer « Rage », une BD oscillant entre fantasme et cauchemar en rouge et noir. « C’est l’histoire d’un jeune adulte qui se transforme en singe vampire et lutte contre sa bestialité pour rester humain », résume Dylan. Une griffe puissante qui n’a pas laissé indifférent le jury.

L’historienne

Hockeyeuse bernoise, Chloé Chatelain découvre à l’ESBDi l’univers des romans graphiques et des autobiographies. « Je me suis dit que moi aussi, je pouvais raconter mon histoire à travers une bande dessinée », se souvient la jeune femme qui expérimente durant ses études les techniques de la gravure, de la peinture aux doigts et finalement du monotype qu’elle choisit pour son travail de diplôme. « A l’âge de huit ans, je découvre un étrange cahier usé par le temps, rempli de notes et de photographies. Il raconte l’histoire d’enfants de confession juive, accueillis durant la deuxième guerre mondiale dans un chalet qui se trouve dans mon village, Tavannes. » Douze ans plus tard, Chloé se lance dans une recherche approfondie, jusqu’à retrouver l’un de ces enfants. De cette enquête naît le récit imagé d’une histoire dans l’Histoire, bouleversant de justesse.

La poétesse

C’est « Boa » ou l’histoire fragmentée d’un dalmatien au cou élastique et d’un garçon solitaire aux jambes molles qui remporte finalement le suffrage du jury. Cassandre Tornay, originaire du Valais, lauréate de l’édition 2021 avec son œuvre en noir, blanc et arc-en-ciel, dépeint son projet conçu à l’ESBDi. « Un petit livre de pensées qu’on emporte partout et qu’on peut ouvrir n’importe quand et à n’importe quel moment du récit. C’est l’idée de mon projet. D’où son format : petit, carré, qu’on peut laisser sur une table ou au coin du lit. » Outre un sacré coup de projecteur, le prix d’une valeur de CHF 5000 permettra à Cassandre, intéressée par le monde de la micro-édition, de développer de nouveaux projets personnels.

Toutes les infos sur l’ESBDi : cfparts.ch/formations/esbdi

Et sur la HEAD : hesge.ch/head

SISP/IMI/9.12.2021

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