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Le beau geste au service du public

Les Journées européennes des métiers d’art dévoilent des trésors de savoir-faire. À découvrir du 1er au 3 avril en Suisse romande. Focus sur deux artisans solaires.

Levez les yeux. À Genève, les façades en pierre et notamment celle du XIXe siècle constituent le plus riche patrimoine sculpté de Suisse romande. Un territoire vertical qu’il faut entretenir. Et Michel Gillabert va s’y atteler après avoir philosophé un temps sur les bancs de l’université. «Je voulais travailler avec mes mains, dehors. D’abord tailleur de pierre, j’ai complété ma formation avec un CFC de sculpteur.» Perché sur un échafaudage, nimbé de poussière blanche, dans le bruit d’un chantier du centre-ville, l’artisan explique: «La base du travail de sculpteur consiste à restaurer par le ravalement (retailler la pierre sur la façade). Avec la pollution et les intempéries, la pierre se détruit, elle nécessite d’être entretenue régulièrement.»

La pierre angulaire

Ainsi, tout ce qui ne relève pas de la géométrie pure de l’ornementation est pris en charge par les sculpteurs. Ces derniers interviennent aussi sur des grappes de sculptures pour les sécuriser, changer un élément ou en reconstituer l’ensemble. Michel Gillabert relève le paradoxe: «Seuls cinq sculpteurs exercent en Suisse romande, dont trois à Genève. Notre savoir-faire est indissociable du patrimoine, raison pour laquelle la sculpture doit perdurer.» Membre de l’ASPIG (l’Association des sculpteurs sur pierre indépendants de Genève), il se bat pour que survivent les compétences comme les outils traditionnels, à l’instar du pantographe. «Au XIXe siècle, dans l’atelier de Rodin, l’artiste créait un modelage en terre. Les artisans mouleurs en réalisaient le tirage en plâtre, puis les artisans sculpteurs façonnaient avec le pantographe la copie sur pierre afin d’obtenir une reproduction exacte de l’oeuvre en 3D.» L’artisan, qui maîtrise parfaitement cet outil, lance un appel aux mandataires: «Faites-nous sculpter, pas seulement restaurer!» Un métier à découvrir au Pavillon Sicli.

De fil en aiguille

Elle s’imaginait couturière, ses parents l’orientent sur un «vrai métier». Devenue technicienne en radiologie, Ariane Delabays achète, avec son premier salaire, une machine à coudre, renouant avec sa passion première du textile en suivant des cours du soir. Son histoire d’amour avec le couvre-chef naît à Londres lorsqu’un photographe repère son port de tête et lui fait porter le chapeau pour une série de photos. «La couture obéit à des règles, elle est régie par des patrons. Avec les chapeaux, j’ai découvert une infinité de matières à travailler en trois dimensions.» Elle se formera au métier de modiste à la School of Fashion Design de Boston, avant de parfaire son art en multipliant les stages à travers l’Europe. Forte de ces expériences, la femme de tête se lance avec optimisme dans l’aventure risquée de l’artisanat.

Chapeau la modiste!

«À l’époque, toutes les femmes portaient des chapeaux. C’était leur manière de se démarquer, d’où l’importance de la modiste. Le chapeau faisait la mode…puis il est passé de mode.» Dans son atelier-boutique niché au coeur de Lausanne, Ariane Delabays crée des pièces uniques pour des mariages, initie les enfants aux chapeaux fantasques, reproduit des bonnets de police pour une commande de musée, réalise des coiffes pour des personnes en chimiothérapie. «Il faut du courage pour ne pas porter de perruque et venir me voir. C’est un métier de service, pointe l’artisane. Ce qui compte, c’est le résultat.» Après vingt ans d’activité professionnelle, la modiste rayonne et affirme sans ambages: «Il y a de la place pour ce métier, en complément de la formation de couturière.» Outre ses workshops à l’Eracom, elle propose au grand public des ateliers d’initiation. «Un moment de partage et surtout le plaisir pour chaque participant de confectionner son propre chapeau, à sa tête et à son tour de tête!» À découvrir lors des JEMA.

JEMA, demandez le programme
Du 1er au 3 avril, les métiers d’art s’exposent. À Genève, un lieu: le Pavillon Sicli aux Acacias. L’association MAG (Métiers d’Art Genève) présente 12 domaines de l’artisanat, de la pierre au cuir en passant par le bois ou le papier, entre autres. Vingt-six métiers à découvrir, autant d’artisanes et d’artisans, des conférences, des projections et la présence de plusieurs Centres de formation professionnelle. La Ville de Genève propose également un parcours culturel à travers plusieurs institutions. Sur inscription: https://metiersdartgeneve. ch.

SISP/IMI/24.3.2022

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