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Maraîchères en production biologique, sinon rien

Soucieux de l’environnement, les jeunes se tournent résolument vers les métiers de la terre. Portrait de deux apprenties passionnées.

« Un renard est venuse servirau poulailler!» lancent en guise de bonjour Laetitia Litzistorf et Virginie Bourquard, respectivement en dernière et deuxième année d’apprentissage de maraîchères. Il est 9 heures, et le soleil tape sur la ferme biologique de la Touvière, à Meinier (GE). Voilà deux heures que les jeunes femmes s’efforcent de sécuriser les poules pondeuses en construisant un nouvel enclos. «Ce n’est pas dans le cahier des charges du maraîcher, précise Virginie. Mais l’un des avantages à travailler sur une exploitation de 42 hectares, c’est qu’on touche à tout.» Tout en dépliant la barrière et en enfonçant les derniers piquets dans la terre, elles évoquent leur parcours. «Devenir maraîchères était une décision mûrement réfléchie, commence Laetitia. J’avais d’abord entamé des études universitaires dans un autre domaine. Mais la découverte de la permaculture en Amérique latine et diverses expériences sur le terrain m’ont donné envie de me réorienter professionnellement.» Quant à Virginie, elle venait d’obtenir quelque temps auparavant un diplôme de comédienne dans une école professionnelle de théâtre avant de changer radicalement de décor. La faute à de passionnants débats avec des amis agronomes et un stage décisif à la ferme de Budé.

De conviction à profession

Changer d’avis sur son avenir professionnel? À condition de rester au plus près de ses valeurs et de ses convictions. «Nous sommes profondément touchées par les questions environnementales et désirons faire partie de la solution», expliquent humblement les anciennes étudiantes. Ainsi, leur objectif professionnel est d’ores et déjà ficelé: louer un terrain agricole et vendre des paniers de légumes bios. Pour ce faire, un apprentissage CFC de maraîchère en production biologique est un passage obligé. «Nous n’aurions pas entamé la formation si l’orientation biologique n’était pas proposée, assure Virginie. L’agriculture biologique nourrit la terre, plutôt que les plantes directement. Même lorsqu’on laboure le sol, nous le faisons de manière non intensive.»

Au gré des saisons

Sur la parcelle des rhubarbes, on commente la récolte. «Notre travail consiste principalement à récolter les fruits de nos efforts!» plaisante l’ancienne danseuse et comédienne. Plus sérieusement, les tâches des futures maraîchères sont nombreuses et varient en fonction des saisons. «Au printemps, nous préparons les sols, plantons les légumes, installons les bâches des tunnels et leur système d’irrigation», explique Virginie. En été, la récolte s’intensifie. «Nous cueillons les fruits et légumes, et désherbons au moyen de sarcloirs manuels ou d’outils attelés au tracteur.» À l’automne, il s’agit de mettre en place des couverts végétaux, de semer des engrais verts et de rentrer les récoltes de garde qui seront conservées puis consommées durant tout l’hiver. Une saison froide, plus calme, où les apprenties se dédient à la manutention et l’entretien des machines, la mise en sachet des herbes aromatiques ou la préparation des plans de culture pour la saison prochaine.

Regain d’intérêt pour le métier


Pause. Laetitia et Virginie déposent les cageots de rhubarbe au sol. «La plupart du temps, nous apprenons sur le terrain. Mais nous suivons également des cours à l’école professionnelle de Sion», précisent-elles. De quoi parfaire leurs connaissances en production biologique. «Nous apprenons à mettre en place un modèle agricole, par exemple. L’aventure est truffée de défis dont on n’avait pas idée avant de lancer le projet», ajoute Laetitia. Les deux jeunes femmes rendent compte d’un enseignement de qualité avec des enseignants actifs dans leur métier. Un petit bémol tout de même: «Le contenu des cours est trop souvent destiné à de grosses exploitations gérant des monocultures», estime Laetitia. Or, selon les deux amies, de plus en plus d’apprentis se forment au contraire dans des petites structures biologiques, gérant des cultures très diversifiées. Il faut dire que la nouvelle génération est plus sensible à l’environnement et au problème climatique. Pas de doute, le bio et le local occupent le devant de la scène. Et avec, le métier de maraîcher. Pause terminée. C’est l’heure de planter les melons.

www.orientation.ch

SISP/LE/2.6.2022

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