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Du dessin à la réalisation, le métal dans tous ses états

La construction métallique offre des places d’apprentissage et de solides perspectives d’emploi. Témoignages de deux jeunes qui ont trouvé leur voie dans cet univers fascinant.

«Attention, l’atelier peut s’avérer dangereux!» Le ton est donné lorsqu’on foule l’entrée de l’entreprise familiale de métal CMDS à Plan-les-Ouates (GE). Des gerbes d’étincelles de soudure d’un côté, d’impressionnantes barres de métal de l’autre. Voilà l’environnement dans lequel évolue avec aisance Yoann Etheve, pré-apprenti constructeur métallique. «Je connaissais déjà un peu le milieu puisque mon père exerce le métier, explique le jeune âgé de 22 ans. Mais c’est le stage de préqualification*, lancé en janvier, qui m’a convaincu.»

Des techniques complexes

Façades, escaliers, charpentes métalliques, fenêtres ou portes. Gigantesques ou miniatures, les éléments sur lesquels travaillent les professionnels varient en taille et en matériau à chaque projet. Et le métier n’est pas uniquement manuel. Il nécessite, par exemple, une bonne connaissance des matériaux ainsi que des machines. «Le constructeur métallique est polyvalent. Il travaille l’acier, l’inox, l’aluminium, le cuivre ou le laiton. Il sait user de la cisaille, la plieuse, la perceuse ou encore la scie», détaille Yoann. Le jeune passionné a d’ailleurs hâte d’entamer son apprentissage pour s’essayer davantage aux machines. «La formation dure quatre ans. J’y vais confiant, avec un bagage professionnel déjà conséquent. Et puis, je me réjouis de retourner sur les bancs de l’école», confie-t-il.


Travail à quatre mains


Quelques marches franchies, et on retrouve le calme. Les étages de l’entreprise formatrice sont affectés à la réalisation de dessins sur plan. Feuilles volantes et crayons se substituent ici à la suie et aux machines. «Les dessinateurs-constructeurs commencent leurs plans sur papier. Lorsqu’ils en reçoivent les cotes, ils les transposent sur ordinateur pour une visualisation en 2D, voire en 3D», commente Julie Dané, récemment diplômée du CFC dans le domaine. Elle est l’une des rares femmes ayant suivi la formation professionnelle de dessinatrice-constructrice sur métal, récompensée par le Prix Pionnière du Bureau pour l’égalité ainsi que le Prix de l’Université de Genève. La lauréate souligne l’étroit lien nécessaire entre le dessinateur et le constructeur métallique: «Les constructeurs réalisent ce que les dessinateurs conçoivent. Pour que le plan soit réalisable, j’ai constamment besoin des avis de mes collègues. Il n’est donc pas rare que je descende à l’atelier leur demander conseil.» Ce qu’ils apprécient le plus dans leur métier? Ici encore, Julie et Yoann se concertent et sont immédiatement d’accord: «Être partie prenante à toutes les étapes du métal: de son dessin en entreprise jusqu’à sa pose sur le chantier, en passant par sa fabrication à l’atelier.» Même si les perspectives professionnelles paraissent encore lointaines pour Yoann, il se verrait bien continuer avec un CFC de dessinateur. Quant à Julie, elle poursuivra avec le brevet fédéral.

«Le plein emploi est assuré. Et ces métiers seront de plus en plus valorisés»
Trois questions à Etienne Gomes, coordinateur de la formation professionnelle au groupement des Métiers techniques du bâtiment Genève (MBG).
Quelle nouveauté attend les apprentis du bâtiment dès la rentrée? Il s’agit de la création du CFCMB (ndlr: Centre de formation commun des métiers techniques du bâtiment Genève). Ce dernier regroupera les formations professionnelles initiales de constructeurs métalliques, d’installateurs en chauffage, d’installateurs sanitaires et de ferblantiers. Il verra le jour à L’Espace Tourbillon, à Plan-les-Ouates (GE).
Quel est le but de cette opération? L’objectif du Centre est de développer des synergies entre les métiers, de les rendre plus attractifs. Il s’agit aussi de répondre aux nouvelles ordonnances et plans de formations. Des stages intermétiers pourrons être organisés pour les plus jeunes.
De quoi les encourager à se former dans le bâtiment? Oui. Ces métiers sont encore trop peu choisis par les jeunes, alors que l’offre de places d’apprentissage est considérable et que le plein emploi est assuré! Et ces métiers seront de plus en plus valorisés, car ils sont les premiers concernés par la politique énergétique fédérale et cantonale, laquelle incite à rénover le parc immobilier du pays.

www.orientation.ch

SISP/LE/23.6.2022

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