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Premiers pas en apprentissage

Changement de rythme, découverte du monde du travail, les apprentis en formation duale relèvent des défis qui font grandir.

Quitter les bancs de l’école pour une formation professionnelle? À Genève, en cette rentrée, quelque 2300 jeunes vivent ce moment charnière. Certains sont fraîchement sortis du cycle d’orientation, d’autres réajustent leur trajectoire. Tous sont à l’aube d’une nouvelle aventure impliquant des responsabilités inédites. Comment réussir ses premiers pas en apprentissage? Quelles épreuves peuvent bousculer les vocations? À l’aube de leur deuxième année de formation, deux apprentis témoignent.

Appréhender le terrain

Chiara Ricci intègre la Pharmacie Populaire de Plainpalais à 20 ans, après diverses explorations. Le Covid-19 est alors omniprésent. Pour l’apprentie assistante en pharmacie, l’entrée en matière est aussi attendue qu’éprouvante. «Je voulais être utile, mais face aux clients, je ne savais pas quoi dire, se souvient la jeune femme. Si on veut pouvoir se débrouiller, il faut poser des questions et développer ses connaissances.» D’ailleurs, sa charge scolaire est proportionnelle aux savoirs que nécessite son métier. «La régularité est la clé. Chaque soir, même après une journée de travail intense, je révise. » Son sens de l’organisation aiguisé lui permet de s’aménager du temps libre. Luan Adam, apprenti cuisinier de 15 ans, pointe les exigences physiques de sa vocation. «Il m’a bien fallu cinq mois pour habituer mon corps. Avant, à la fin de la journée, j’avais les pieds en feu!» Avec plusieurs stages à son actif, il savait pourtant à quoi s’attendre. Mais tenir la distance reste un défi.

Garder le cap

Nos professionnels en herbe sont unanimes: les gratifications compensent les difficultés. «J’aime aider les autres. À chaque fois que je conseille un client et que je conclus une vente, je me sens fière», rayonne Chiara. Ses bonnes notes sonnent comme une revanche. De son côté, Luan s’épanouit dans le mouvement et la création. «À l’école, je faisais le rigolo. Là, j’ai des responsabilités. Quand je travaille bien, le résultat est immédiat.»
Autre constat partagé: en apprentissage, on grandit vite. Les attitudes professionnelles sont de rigueur. «Quand on nous reprend sur une erreur, il faut se souvenir que cela fait partie du processus de formation et garder une certaine distance», avise Chiara. Quant à Luan, il assume un choix délicat: quitter son premier employeur, l’École hôtelière de Genève, pour se consacrer entièrement à sa passion pour la gastronomie au Café des Banques. S’imposer dans un monde d’adultes s’apprend aussi.

«Les apprentis ne sont pas seuls»

Trois questions à Menusha Rodrigo, psychologue conseillère en orientation et répondante de la prestation «Pro-Apprenti-e-s» à l’Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC).
Quels obstacles peuvent rencontrer les apprentis? Le défi majeur porte sur l’organisation et les méthodes de travail. Les apprentis en dual doivent concilier les exigences de l’employeur et celles de l’école. Au début surtout, il faut assimiler quantité d’informations. Cela peut générer du stress. Des difficultés scolaires, personnelles, familiales, sociales ou des tensions sur le lieu de travail peuvent aussi impacter le cursus. Enfin, confrontés aux réalités du terrain, certains doutent de leur choix et ont besoin de reconsidérer des perspectives réjouissantes.
Quel soutien offre «Pro- Apprenti-e-s»? Notre objectif principal est de prévenir les ruptures de contrats (7,5% en 2021). Nous offrons un espace de confiance et de confidentialité où les jeunes peuvent parler librement de leurs difficultés. Après une évaluation de la situation et toujours en accord avec l’apprenti, nous l’accompagnons dans des actions concrètes orientées solutions. Si nécessaire, nous l’aidons à se réorienter. Nous proposons aussi des ateliers collectifs (remobilisation après un redoublement, gestion du stress, méthodes de travail).
Que conseillez-vous aux apprentis ? Être patients, réguliers dans les révisions, avoir un équilibre avec sa vie personnelle et prendre du plaisir dans ce qu’ils font. En cas de difficultés, l’important est de délier rapidement les noeuds. Dès les premiers signaux, il faut oser parler. Dans l’entourage déjà, une personne plus expérimentée peut aider à jauger le problème. Et tout apprenti peut entrer en contact avec son conseiller en formation à l’OFPC et nous consulter. Les apprentis ne sont pas seuls. Formateurs, enseignants, professionnels de l’éducation, de la santé, tout un réseau peut se mobiliser.

Infos et contacts www.citedesmetiers.ch, Réussir son apprentissage

SISP-JWE-01.09.2022

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