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Derrière la montre, le designer

Dans l’ombre des marques, le designer horloger habille les garde-temps. Un métier artistique entre esthétique et technique.

Si les prouesses techniques font rayonner les montres suisses dans le monde entier, les marques se distinguent par l’élégance et l’originalité de leurs modèles. Bien qu’anonyme aux yeux du public, le designer horloger est ainsi un maillon essentiel dans l’industrie phare de notre pays. Son rôle? Faire en sorte qu’un produit attire l’attention parmi des milliers d’autres. Exigeant, le métier est exercé par des créatifs capables de donner forme à leurs idées, tout en maîtrisant les contraintes techniques de l’objet et les lois du marché. À l’instar de David Formica, 30 ans. Depuis l’obtention de son diplôme en octobre 2022, l’ancien bijoutier-joaillier originaire de Genève déploie ses talents au sein du studio White brand design, à Neuchâtel. Rencontre.


Le temps d’oser


Sa passion pour le dessin conduit David Formica au Centre de formation professionnelle Arts de Genève, où il se forme à la bijouterie. Les prédispositions de l’apprenti pour l’habillage horloger s’illustrent quand il remporte le prix annuel de la Fondation Hans Wilsdorf, lequel porte sur la conception et la réalisation d’une maquette de montre. Son CFC en poche, le jeune homme intègre une grande manufacture genevoise. Pendant six ans, il y crée des éléments de décoration destinés aux composants, aux fonds et aux écrins. Jusqu’à ce que le Covid-19 bouscule sa routine et provoque une forte remise en question. Car David Formica a une ambition lancinante: créer des montres, de l’idée préalable à la commercialisation.
«J’ai réalisé que, pour y parvenir, je devais reprendre des études. Alors j’ai tout plaqué pour suivre un cursus à La Chaux-de-Fonds, en école supérieure. C’était le moment ou jamais», assure-t-il. Conception assistée par ordinateur, dessin, réalisation de prototypes fonctionnels, histoire du design, savoirs techniques, communication et marketing: en deux ans, il apprend les rouages de la profession.


Sortir du lot


Pour son travail de diplôme sur le thème des papillons, David Formica part du sphinx tête de mort, qui doit son nom au motif sur son thorax. «Cet insecte s’infiltre dans les ruches pour se nourrir du miel des abeilles. C’est le symbole de mon histoire, car je suis venu dans la métropole horlogère pour absorber des nouvelles connaissances.» Le résultat? Une pièce unique en hommage à sa ville d’accueil intitulée Nectar, «comme la douceur d’un accomplissement». Complexe et recherché, l’ouvrage aux accents d’Art nouveau lui vaut une mention très bien. Et aussitôt, un emploi chez White brand design, où il officie pour des marques renommées. «Notre profil est recherché. Mais pour percer dans le milieu, comme salarié ou indépendant, il faut absolument savoir se vendre», insiste le jeune diplômé. Si David Formica puise dans son univers vintage et prône la créativité sans limite stimulée par les innovations (matériaux, technologies numériques), il s’adapte aux attentes des clients. «S’imprégner de l’ADN d’une marque, relever des défis techniques, ergonomiques et économiques, faire des concessions… C’est la beauté de l’exercice!» rayonne le designer.
À noter qu’en plus de l’école d’arts appliqués de La Chaux-de-Fonds, la Haute École d’art et de design (HEAD) de Genève propose une chaire en design horloger dans le cadre de son bachelor en design produit, tandis que l’École cantonale d’art de Lausanne (ECAL) propose un perfectionnement en design du luxe et de l’artisanat.


Infos www.orientation.ch

SISP/JW/13.1.2023

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