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Une formation pour grandir ensemble

Le cursus d’éducatrice et d’éducateur de l’enfance trouve une forte résonance auprès des jeunes et des adultes en reconversion. Décryptage de ce socle d’éducation.

Interview de Renata Pegoraro, doyenne de l’Ecole supérieure d’éducatrice et d’éducateur de l’enfance (ESEDE), à Genève.

  • La formation en quelques mots? L’image d’Epinal de l’éducatrice entourée d’enfants jouant sur un tapis coloré se confronte à notre formation scientifique de premier ordre, où les indicateurs sont fiables et les arguments vérifiés: le choix des jeux est pensé, la manière d’interagir choisie, l’aspect sécuritaire assumé. Rien d’intuitif donc dans la prise en charge collective – en crèche, en foyer d’accueil, etc. – des enfants entre 0 et 12 ans.
  • Dans quel contexte? Au sein de la structure d’accueil, l’éducatrice ou l’éducateur repère à quel moment privilégier le groupe ou l’individu. Il identifie les besoins de l’enfant et adapte ses pratiques. Lors de la pandémie de Covid-19 ou de l’arrivée de familles ukrainiennes, la réactivité liée au contexte a été primordiale. Grâce au travail d’équipe, avec des collègues, parents ou partenaires du réseau (psychologues, infirmiers, logopédistes, etc), le développement harmonieux de l’enfant, même à besoins éducatifs particuliers – par ex. autisme, diabète – est priorisé.
  • L’employabilité? L’ESEDE compte quelque 300 étudiants en formation et la centaine qui sort chaque année reçoit une promesse d’engagement, avant même la fin des études. Les débouchés et les perspectives d’évolution se montrent multiples, allant de responsable d’équipe à directrice de crèche, en passant par des rôles d’expert ou d’adjoint de direction.
  • Une nouveauté? Pas moins de 90% des étudiants suivent la voie «plein temps avec stages intégrés» (voir encadré). Dès la rentrée 2024, la voie duale, encore peu connue, sera valorisée, car elle permet aux jeunes de combiner emploi et études, répondant parfaitement à leur besoin d’indépendance.
  • Un métier du futur? Assurément. Les jeunes professionnels, femmes et hommes, y trouvent un sens profond, en endossant un vrai rôle social, transmetteur de valeurs, ouvert aux autres. Et utile. L’accompagnement des enfants en structure d’accueil, dans le respect de la différence, devient un projet stimulant: c’est former les citoyens de demain.

«La parentalité au coeur du sujet»
Dylan Nguyen-Tan-Gioang, étudiant de 3e année, témoigne de l’envergure de sa formation: «Je bénéficie d’une vision globale des différentes postures professionnelles que peut endosser l’éducateur de l’enfance, grâce à la complexité des cours et à leur mise en pratique sur le terrain par les stages». Sa passion pour le métier a d’ailleurs émergé – lors d’un stage révélateur – en crèche, l’incitant à passer le concours d’entrée de l’ESEDE.
Il s’intéresse en particulier à la dimension de la parentalité, de la famille et ses dynamiques, des droits et responsabilités qui en découle. «Au-delà du suivi de l’enfant, il est crucial de prendre en compte son entourage, qui peut s’appuyer sur nous dans son rôle éducatif, s’informer sur les nouvelles approches pédagogiques, tout en favorisant les échanges entre les différents interlocuteurs».
En juin prochain, après sa formation, Dylan Nguyen-Tan-Gioang travaillera dans une crèche d’été, qui accueille les enfants pendant la période de fermeture des crèches habituelles. «Cette transition me permettra de prendre le temps de choisir un emploi qui cadre avec mes intérêts pour la parentalité, que ce soit dans l’enseignement primaire, les foyers ou les espaces parents-enfants». Un secteur aujourd’hui en pleine expansion.

L’ESEDE-Genève propose trois voies de formation, en dual (emploi/formation) ou en stages intégrés (école/stages): journée d’inscription le 15 mars 2024.
1) 3 ans pour les candidats munis d’un titre du secondaire II (maturité, certificat ECG, CFC hors domaine social), en stages intégrés ou en dual;
2) 2 ans pour les détenteurs d’un CFC d’assistant socio-éducatîf (ASE), en stages intégrés ou en dual;
3) Passerelle, par validation des acquis de l’expérience (VAE), en trois semestres, pour les titulaires d’un diplôme ES du domaine social (maître socio-professionnel, animateur communautaire, éducateur social) ou d’un diplôme de niveau tertiaire dans le domaine socio-éducatif et ayant expérience et emploi dans un espace de vie enfantine. «Cette passerelle vise la reconversion et/ou le développement d’une nouvelle identité professionnelle par l’acquisition des compétences spécifiques à l’enfance», précise Renata Pegoraro.

SISP/ES/28.2.2024

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