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Le bonheur est dans le chantier

Les métiers du gros œuvre recrutent et ouvrent de nombreuses perspectives professionnelles. Portrait de deux apprentis heureux.

Un venteux matin d’avril, Tristan Simonnet s’affaire sur le toit d’un immeuble en construction dans la campagne genevoise. Apprenti maçon en deuxième année chez Rampini, il ne s’émeut plus des aléas de la météo, ils deviennent même anecdotiques au regard du plaisir qu’il prend à construire au quotidien.

Même évidence aux confins du canton, à Versoix, où Valentina Otalvaro Jaramillo, apprentie maçonne en première année chez Maulini, rayonne et s’affirme comme seule femme sur le chantier.

Tous deux ont 17 ans et s’épanouissent dans ce métier séculaire qu’ils ont mûrement choisi.

Faire le mur

«Avant de me décider, j’ai effectué sans conviction plusieurs stages dans des domaines très variés, jusqu’à ce que mon grand-père me suggère de tenter la construction. Et, là, ça a été la révélation. Les ouvriers ont tout de suite essayé de me communiquer ce qu’ils savaient, se souvient Tristan. J’ai apprécié leur bienveillance vis-à-vis du jeune que j’étais. Et j’ai été particulièrement touché lors de ce stage par cette chaleur humaine rencontrée nulle part ailleurs.»

De son côté, Valentina commence, au sortir du Cycle d’orientation, un CFC de dessinatrice en architecture. Mais, au bout d’une année, malgré son intérêt pour le dessin et la connaissance des matériaux, elle découvre l’univers du chantier. Et son projet bascule.

«Mes parents ont eu du mal à accepter ce changement de voie. Mais j’ai pris le temps de les convaincre que l’essentiel était d’arriver au bout d’un apprentissage qui me plaît.»

Apprentissage pluriel

Au début de leur formation, les deux apprentis expérimentent différents chantiers, travaillent avec plusieurs équipes et apprennent à connaître ouvriers et contremaîtres. «Les premiers temps, c’était intimidant. Je m’asseyais toute seule dans la salle commune, admet la jeune femme. Puis, peu à peu, je me suis intégrée au groupe.»

Ainsi, chaque contremaître lui transmet un savoir en particulier. «L’un d’eux est, par exemple, spécialiste de maçonnerie traditionnelle. J’apprends à connaître les différentes formules et les giclages», poursuit Valentina, qui travaille depuis quelques mois sur un chantier d’habitations dont elle a contribué à faire émerger de terre la structure en béton. «Lorsque j’étais apprentie dessinatrice, je ne voyais pas les réalisations concrètes. Maintenant, non seulement je dessine les plans de ce que je réalise, mais je vois le résultat de mon travail. Et c’est très gratifiant.»

Un sentiment que partage volontiers Tristan, ravi de constater que le métier commence aussi à intéresser les filles.

Place aux filles aussi

«En Suisse alémanique, il y a beaucoup plus de filles sur les chantiers, remarque-t-il. Si l’on n’a pas les mêmes attentes sur le plan physique, certains travaux demandent une finesse d’exécution et les filles s’y distinguent clairement. De plus, c’est agréable d’avoir d’autres discussions, une autre dynamique de groupe, un vent d’air frais.»

Valentina comme Tristan espèrent évoluer après leur CFC dans leur métier, devenir contremaître ou technicienne. Et ça tombe bien puisque le domaine du gros œuvre a grand besoin d’une relève de qualité.

Le secteur du gros œuvre forme-t-il assez d’apprentis?

Trois questions à Christine Dussud, directrice adjointe de l’Institut de formation de la construction à Genève.

Le secteur du gros œuvre forme-t-il assez d’apprentis?

À Genève, le nombre de contrats d’apprentissage est en hausse depuis deux ans et quelques nouvelles entreprises se sont vues délivrer le label Entreprise formatrice. Depuis la rentrée 2022-2023, on enregistre un regain d’intérêt de la part des jeunes, en particulier pour la filière construction de routes. Cependant, nous nous devons d’être vigilants quant au maintien de cet intérêt, car le domaine de la construction a besoin d’une relève qualifiée qui a envie de progresser. À cette fin, une campagne de marketing et de communication intitulée «Demain bâtisseur» vient d’être lancée en avril.

Pourquoi les métiers du gros œuvre sont-ils intéressants pour les jeunes aujourd’hui?

Pour de nombreuses raisons. D’abord, nos métiers ne sont pas délocalisables. Ils sont axés sur des valeurs humaines et sociales, comme le respect, l’engagement, la responsabilité et la contribution à des projets collectifs. De plus, ils sont en perpétuelle évolution du fait des nouvelles techniques et technologies, ils offrent des possibilités de progression rapide après le CFC ainsi que des salaires attrayants.

Quels sont les profils recherchés?

Il faut avoir 15 ans révolus, avoir terminé sa scolarité obligatoire, avoir une bonne condition physique et être à l’aise pour travailler en équipe et à l’extérieur. Les entreprises restent cependant ouvertes à tous les candidats jusqu’à l’âge de 25 ans qui démontrent une réelle motivation.

Plus d’infos sur www.ifc-ge.chwww.orientiation.chAccueil | cfpc (ge.ch).

Mercredi 15 mai à 14 h, visite d’un chantier sur inscription: www.citedesmetiers.ch, rubrique «Zoom Métiers».

Zoom Métiers consacré au secteur du gros oeuvre – Hors programme – Cité des métiers du Grand Genève (citedesmetiers.ch).

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