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L’AFP de maçon, ce premier diplôme tremplin

En deux ans, l’attestation fédérale de formation professionnelle de maçon permet d’obtenir toutes les compétences nécessaires à un premier emploi.
(Copyright: OFPC)

À l’heure où le domaine de la construction ne cesse d’évoluer, la formation de la relève est au cœur des préoccupations. L’apprentissage AFP y joue un rôle clé, notamment pour des jeunes qui ont besoin d’un cadre plus progressif avant d’entrer dans le monde professionnel.

Entretien avec Christine Dussud, directrice de l’Institut de formation de la construction (IFC).

Qu’est-ce que le métier de maçon aujourd’hui? Depuis tout temps, les maçons réalisent le gros œuvre des bâtiments: les fondations, les murs. Ils effectuent des travaux de terrassement, posent des tuyaux et des éléments préfabriqués. Ils interviennent aussi bien dans la construction de nouveaux ouvrages que dans la rénovation, la modernisation ou la réfection d’ouvrages existants. C’est un métier exigeant sans lequel nos villes, nos infrastructures n’existeraient pas.

Par quelle formation devient-on maçon? Par les formations professionnelles de maçon AFP (Attestation fédérale de formation professionnelle) et de maçon CFC (certificat fédéral de capacité). L’AFP dure deux ans, contre trois pour le CFC.

Pourquoi souhaitez-vous valoriser la filière AFP? Trop souvent, cette formation est mal perçue par les jeunes et leurs parents. Ils souhaitent d’emblée opter pour un CFC. Or, choisir une filière non adaptée à ses capacités augmente considérablement les risques d’échec. La filière AFP permet de montrer sa motivation autrement que par les résultats scolaires, et de réussir un premier diplôme qui a une vraie valeur sur le marché de l’emploi. L’AFP constitue aussi un véritable tremplin vers le CFC, pour ceux qui souhaitent poursuivre leur formation.

Le candidat doit-il donc mieux choisir sa formation? En partie, oui. Mais cette responsabilité ne lui revient pas entièrement. Il est de notre devoir, en tant qu’institution de formation, de valoriser cette filière. Quant aux entreprises, elles jouent également un rôle essentiel lors du recrutement. Grâce aux tests d’aptitudes mis en place par l’IFC, aux échanges avec les enseignants et les conseillers en formation, elles peuvent déceler les profils qui gagneraient à commencer par une AFP. Éviter une rupture de formation s’avère bénéfique pour le jeune autant que pour l’entreprise, qui peut compter sur un apprenti motivé.

Jusqu’à quel niveau peut évoluer une personne ayant débuté par une AFP? Le diplômé peut poursuivre vers un CFC, puis obtenir le certificat de chef d’équipe après deux ans d’expérience, avant d’accéder au brevet fédéral de contremaître. Les métiers du gros œuvre offrent de réelles et rapides perspectives d’évolution, avec une très forte employabilité sur le marché de l’emploi.

Seyoum Berhe, un avenir tout tracé

«En dernière année de CFC, Seyoum n’est pas loin d’être le major de sa promotion!» souligne avec fierté son formateur et contremaître, Romain Gregoris.

Le parcours de Seyoum Berhe illustre parfaitement l’importance des filières AFP dans la construction. Arrivé d’Érythrée à 17 ans, le jeune homme a d’abord intégré une AFP chez René Mathez SA. «J’avais arrêté l’école à 12 ans et je ne parlais pas encore bien le français. Commencer par une AFP était nécessaire.»

Actuellement en dernière année de CFC, il mesure l’écart entre les deux formations. «La différence est flagrante tant au niveau pratique que théorique. Les notions enseignées en CFC sont plus poussées. Sur le chantier aussi, on attendra d’un apprenti maçon CFC qu’il en apprenne davantage, comme la lecture de plans, les finitions, le crépissage, les dessins techniques ou encore la pose d’embrasures aux fenêtres.»

«Chez René Mathez, nous valorisons les profils AFP, continue le formateur. Ce sont souvent des jeunes avec un parcours difficile, mais très motivés. Et c’est ce qui compte. Nous les aidons ensuite à surmonter les difficultés scolaires. Certes, ils demandent plus d’encadrement, mais leur implication compense largement cet investissement.»

SISP/LE/11.6.2026

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